Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /2010 14:15
LA UNE DU JOUR 19 mars 2010
Janvier Yahouédéou avait raison : Lire sa déclaration [...]

Monsieur le Président et chers collègues, Je voudrais dire que ce matin, lors de la réunion de validation du rapport, les membres de la Commission des lois avaient fait les mêmes remarques que ce qui se dit ce soir en plénière. Mais lorsqu’il était question de procéder aux rectifications, l’un des signataires traditionnels a menacé de ne pas signer si une seule virgule était retirée du rapport. Pour ne pas bloquer la tenue de la présente plénière, les membres de la commission ont dû laisser tomber.


Si ce soir, la plénière était amenée à rejeter une fois encore ce rapport, j’en déduirais que c’était une fois encore une stratégie pour empêcher la poursuite de la procédure en cours. Quant aux propos peu décents contenus dans le rapport, je voudrais proposer qu’on corrige tout simplement. Cela pourra se régler entre les différents protagonistes. On a bien vu dans cet hémicycle un député traiter son collègue de « Coupeur de Route », et pourtant ils sont aujourd’hui les meilleurs amis du monde ! Monsieur le Président, je voudrais rappeler que c’est le 19 février 2009, au Congrès du Parti Undp à Bohicon que j’avais tiré sur la sonnette d’alarme, pour dire qu’une bonne Lépi n’était pas possible pour 2011. Lors du vote de la loi en cours, j’ai été le seul dans cet hémicycle à n’avoir pas voté cette loi. Aujourd’hui, 45 autres députés ont rejoint mon point de vue. Je devrais exiger d’eux des excuses, mais étant très tolérant, je puis leur dire qu’ils sont d’avance tous excusés. Mieux vaut tard que jamais. Car figurez-vous, en toute chose, on tient compte du contexte avant de mettre en valeur un produit. Vous ne verrez pas un fabricant de glace ou de glaçon faire de la publicité en période de fraicheur ! D’un point de vue politique, on devrait lancer le processus de mise en place de la Lépi soit au début du mandat d’un nouveau Président de la République, au moment où il n’a pas encore pris goût au Pouvoir, soit au cours d’un second et dernier mandat. Mais vous ne pouvez pas demander à un Président, candidat à sa propre succession, d’organiser en Afrique un processus comme la Lépi sans qu’il ne cherche à tirer d’une manière ou d’une autre le drap de son coté. Je ne dis pas que c’est le cas du Président Yayi Boni, mais c’est humain que ses opposants émettent des doutes sur la sincérité de ce qui se fait. Il suffit d’observer tout ce qui se passe depuis l’annonce de l’abrogation de la loi en cours. C’est d’abord une lettre d’irrecevabilité du Chef de l’Etat, des blocages du processus par différents stratagèmes comme le retrait de rapport, etc. Chers collègues, faisons très attention, car ça n’arrive pas qu’aux autres.

Nous disons très facilement Dieu aime le Bénin, Dieu aime le Bénin. Qu’est ce que les autres pays ont fait pour que Dieu ne les aime pas ? Ce sont les béninois qui aident Dieu à aimer le Bénin. Ce sont les béninois eux-mêmes qui inspirent la paix, avec des hommes comme feu Monseigneur de Souza, Hubert Maga, les Présidents Nicéphore Soglo et Mathieu Kérékou. De grâce, prenons nous au sérieux. Si ça pète, c’est sur vos têtes que vous verrez le Président Yayi Boni s’en aller en hélicoptère. Mais pour nous autres, y compris les Présidents d’institution comme la Cour Constitutionnelle et même notre Président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago, c’est avec des postes téléviseurs sur la tête et des nattes sous les bras que nous allons nous retrouver. Je ne vois pas pourquoi on tient forcément à une Lépi pour 2011, si on veut être sincère. En 1991, il y a eu des élections présidentielles à un moment très sensible dans la vie politique de notre pays. Il en a été de même en 1996,2001, 2006. Même le Président Yayi Boni a été élu à 35% au 1er tour sans avoir des représentants à la Céna, puisqu’il n’était pas politique. Si des grands partis comme la Rb, le Psd, le Prd, qu’on doigte de fraudeurs potentiels aujourd’hui n’ont pas pu obtenir plus de 25% et qu’un nouveau a pu faire 35%, c’est qu’il faut arrêter de se faire peur et de désorienter le peuple. La Lépi oui ! Mais pas une Lépi taillée sur mesure et à gros risques. Nous n’avons pas le temps matériel pour organiser une bonne Lépi crédible pour 2011. Je ne prendrais pour exemple que les conditions de mise en place de la cartographie censitaire. Ce recensement est erroné à plus de 40%. Le délai prévu par les experts était de 12 mois. Et il fallait mettre en place 3 équipes. Une équipe de jour, une équipe de nuit et bien entendu une équipe de contrôle et de vérification. Mais avec ce qu’on vient de faire, il y a plein de Réna-X, c’est-à-dire des maisons inhabitées, alors que les occupants sont juste allés aux champs. Au milieu, et selon son humeur, en cas d’absence, l’agent recenseur est amené à enregistrer un nombre d’habitants imaginaire. Le résultat est ce que nous avons en main aujourd’hui comme recensement. On a largement le temps d’une bonne élection classique et laisser le processus de la Lépi en cours se dérouler dans de meilleures conditions.

Je vous remercie.

Par Richard Boni - Publié dans : Articles de presse - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /2010 13:48
LA UNE DU JOUR 19 mars 2010
Abrogation de la Lépi hier :Les députés bravent Yayi Boni [...]

La Loi No 2009-10 portant Recensement électoral national approfondi (Réna) et établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) a été abrogée le jeudi 18 mars 2010. Un véritable camouflet pour la majorité présidentielle et son chef Yayi Boni. Non pas sans conséquence. 46 pour, 33 contre et 00 abstention. Au sein du G 13, Nassirou Bako Arifari a été le seul à ne pas prendre part au vote.


Idem pour son collègue Samou Séïdou Adambi du groupe parlementaire Sursaut patriotique. Quant à Justine Chodaton de la Renaissance du Bénin, elle a voté contre l’abrogation. C’est par ce vote que le processus devant aboutir à la réalisation de la Lepi a été rangé au placard. Une victoire de l’opposition sur la mouvance, pourrait-on dire. Ainsi l’Union fait la Nation est allée jusqu’au bout de ses intentions en réussissant à réunir la majorité. Les péripéties qui ont conduit à ce vote expriment que de part et d’autres, l’on ne voulait laisser rien passer. Mais c’est celui qui a su bien jouer en usant de tact et d’arguments valables qui a remporté la bataille. Rires de l’opposition, pleures de la mouvance, le scénario était pourtant envisagé par nombre d’observateurs, vu la tournure qu’ont pris les débats, tant à l’Assemblée nationale que dans les états majors des blocs politiques. De même malgré les efforts d’intermédiation du Pnud et du Clergé Catholique, les adversaires du chef de l’Etat ont mis en exécution leur plan. Une série de conséquences est inévitable. La première concerne le cas Nassirou Bako Arifari qui vient de succéder à Epiphane Quenum à la tête de la Commission politique de supervision de la Lépi (Cps-Lépi). Etant donné que sa légitimité se repose sur la Loi abrogée, il perd du coup son portefeuille. Tous les actes posés jusque-là devront être repris à zéro. Depuis le Recensement électoral national approfondi et par ce truchement les opérations de la cartographie censitaire. Mieux, il s’en suit la perte de tous les milliards qui y ont été engloutis.

Et puis, il reste aux bailleurs de fonds qui interviennent dans le processus de faire des options. Accepteront-ils de suivre les initiateurs de l’abrogation de la Lépi dans leur schéma ou fermeront-ils définitivement la page Lepi pour ce qui concerne le Bénin ? Bien Malin est celui qui pourrait y répondre sans prendre le risque de se tromper. Cependant, il y a une constance. On disait qu’ils n’appréciaient pas la façon dont le débat était conduit et ont œuvré avec les grands moyens pour que le pays soit doté d’un fichier électoral crédible, fiable pour garantir des élections moins contestables. Dans ces conditions, ces bailleurs de fonds pourraient bien tourner dos au Bénin. Sur un autre plan, on est en droit de se demander ce qui se passera dans une semaine au cas où le président de l’Assemblée nationale accédera à la demande d’ouverture d’une deuxième session extraordinaire pour se pencher sur la proposition de loi initiée par l’‘’Union fait la nation’’ pour suppléer à la Lépi abrogée. C’est là, la toute première conséquence politique de l’acte posé par l’opposition hier. Maintenant, c’est probablement au tour de la mouvance de ne pas accéder à l’appel de l’Union fait la nation. Comme il faut s’en apercevoir, en clôturant la session hier, le président Mathurin Coffi Nago a évité de faire cas de la demande d’une autre session pour se pencher sur le nouveau texte sur la Lépi. Il ne devrait en être autrement quand on connaît les manœuvres mises en œuvre et à l’issue desquelles le dossier leur a filé entre les doigts et les conditions dans lesquelles leur vis-à-vis pourraient tenter de leur imposer une autre loi. Or, dans le cas d’espèce l’opposition réclame une parité dans la composition de la Cps-Lepi. Sur les 11 membres de la structure, l’opposition réclame 05, concède 05 au gouvernement et attribue le seul siège restant à la Société civile. Autant de situations que le gouvernement ne peut accepter par ces temps qui courent et pourrait s’organiser désormais comme le camp qui rejette désormais la Lepi. Simplement parce que l’opposition aura repris la situation en main et a su profiter de sa majorité actuelle pour obliger la convocation en procédure d’urgence d’une session extraordinaire pour le jeudi prochain.

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)

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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 13:38
LA UNE DU JOUR
17 mars 2010
Présidence de la Commission des lois de l’Assemblée nationale :Aholou Kèkè menacée de destitution [...]

Les membres de la Commission des Lois de l’Administration et des droits de l’homme de l’Assemblée nationale ont fait part de leur exaspération à leur présidente Hélène Aholou Kèkè au cours de la séance de travail tenue ce mardi 16 mars 2010. Les députés dans leur immense majorité n’ont pas du tout apprécié la façon dont la présidente a retiré en plénière et sans l’avis des autres membres, le rapport sur le rejet de l’abrogation de la Lepi. Ils ont de bonnes raisons de menacer la mise en cause de la destituer.


La présidente de la commission des Lois, de l’administration et des droits de l’homme Mme Hélène Aholou Kèkè était sur une corde raide hier au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo lors des travaux sur le dossier Lepi. Ses collègues très remontés contre elle pour avoir réussi à retirer le rapport de sa commission sur le rejet de la loi abrogatoire de la loi No 2009-10 portant Recensement électoral national approfondi (Rena) et la Liste électoral permanente informatisée (Lepi) à l’ouverture de la plénière du vendredi dernier, ont provoqué une atmosphère très tendue. C’est déjà à la présentation du seul point de l’ordre du jour de la séance que la tension a monté d’un cran. Le député Janvier Yahouédéou aura été le premier à demander des explications à la présidente Hélène Aholou Kèkè sur les raisons pour lesquelles elle a mis tout le monde devant le fait accompli. Les préoccupations de Yahouédéou ont été reprises en cœur par les autres. En réponse, Mme Hélène Aholou Kèkè a montré que c’est parce qu’elle a constaté que certains propos tenus en plénière par quelques députés ne figurent pas dans le rapport général qu’elle a dû s’organiser de cette façon. Et contrairement à ce qu’on aurait pensé, c’est cette réponse qui a alourdi l’atmosphère et cristallisé les positions .

L’honorable Janvier revient à la charge et dénonce le fait qu’aucun de ses collègues restés jusque tard dans la nuit du vendredi à samedi dernier ne soit saisi de cette situation et c’est seulement dans l’hémicycle qu’ils ont constaté les dégâts. Il déplore cette façon dont leur présidente et le premier rapporteur Thomas Ahinnou les ont traité et attire l’attention ses autres collègues sur les conséquences de cette situation jamais connue jusque-là au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Comme Janvier Yahouédéou, les députés Jude Lodjou, Ismaël Tidjani Serpos et mêmes certains élus des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ne pardonnent pas à Mme Hélène Aholou Kèkè sa manière de les emballer et les avoir mis devant le fait accompli.

Pendant plus d’une heure, chacun est allé de ses arguments pour justifier sa position face à la question. Et certains parlementaires de l’Alliance ‘’Union fait la nation qui ne parviennent pas à pardonner, profitent de l’occasion pour faire remarquer à Mme Hélène Aholou Kèkè le danger qui la guette désormais. ‘’C’est par une majorité que vous avez été portée à la tête de notre commission. De la même manière, vous pourrez être destituée’’ a déclaré un membre de l’Union. ‘’ Et ce sera également le cas de toutes les personnalités qui tenteront de passer outre les recommandations de notre commission si le comportement tend à ternir l’image de marque de notre institution’’, avertit un autre. Ces deux députés fortement applaudis par les autres, toutes tendances confondues, fondent leurs préoccupations sur le fait que plusieurs élus Fcbe tendent à rejeter, comme l’Union fait la nation et ses alliés, la façon dont on gère la Lepi. En effet, c’est déjà 48 députés favorables à la cause et Dieu seul sait qu’ils sont un certain nombre d’élus du peuple de la mouvance présidentielle parlementaire dans cette commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme qui lorgnent déjà de l’autre côté. C’est d’ailleurs à cause de ceux-là qu’on n’arrive plus à maîtriser que le pouvoir a dû envoyer Mme Hélène Aholou au charbon en lui montrer le chemin, c’est-à-dire de profiter des dispositions de l’article 75 alinéas 1 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour retirer le rapport de sa commission des débats. Ainsi, les travaux d’hier en commission auront été entièrement consacrés au procès de la présidente Aholou Kèkè. A la fin de ces moments de chaudes empoignades, la séance a été suspendue. Les parties se sont données rendez-vous pour demain jeudi 18 mars 2010 à 10 heures pour reprendre la rédaction du rapport objet de litige. Ce n’est qu’après cela que la plénière s’ouvrira pour examiner le rapport qui en découlerait.

Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)

 
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 13:36
LA UNE DU JOUR
17 mars 2010
Radicalisation du mouvement de grève dans l’enseignement et la santé:Le syndicalisme déstabilise le pays [...]

Le chef de l’Etat a dû hausser le ton le mercredi dernier face aux syndicalistes qui jouaient aux jusqu’au boutistes. S’il faut reconnaître que c’est le gouvernement qui a été à la base de ces dérives, il convient aussi de soulever le caractère excessif des revendications qui sous-tend actuellement les grèves perlées dans le pays.


Cinq (05) milliards. C’est la somme colossale qu’il faut sortir sans condition des caisses de l’Etat avant que les enseignants ne reprennent le chemin des classes. Selon certaines indiscrétions, le Front des syndicats des trois ordres de l’enseignement exige 03 milliards en espèce au titre d’allocation d’incitation et de la revalorisation de la fonction enseignante, et 01,7 milliard pour des indemnités de logement revalorisées. D’un autre côté, ils réclament une augmentation de 25 % sur leur salaire. Et ces acquis devraient les suivre jusqu’à leur retraite pour ne pas dire jusqu’à leur tombe. En plus de tout cela, on parle de bien d’autres avantages qui doivent s’y ajouter. Faute de quoi, leurs élèves sont depuis fin janvier 2010 à la maison jusqu’à ce jour. Au même moment, une autre forme de grève bat son plein dans certains centres de santé publics et ce sont les paisibles populations qui n’ont rien à voir dans cette crise qui oppose le pouvoir à ces travailleurs qui en font les frais. Dans tout le pays, c’est la grève. Non pas forcément pour exiger des augmentations de salaire, mais surtout pour des primes qui, considérées comme l’accessoire, dépassent de loin le principal qui est le salaire, depuis 2006. De sources proches du trésor public, on apprend qu’avec la situation, la balance de paiement pèse énormément lourd sur le budget général de l’Etat au point de susciter une vive colère des partenaires au développement qui ont commencé par être très préoccupés du cas béninois. D’ailleurs, la mission du Fonds monétaire international (Fmi) qui séjourne depuis quelques jours dans le pays, est revenue sur la question et impose déjà la revue à la baisse de l’enveloppe financière consacrée au salaire. Dans tous les cas, elle ne devrait plus dépasser les 35%. C’est en ce moment qu’on dit que les positions se durcissent et le Front des trois ordres de l’enseignement serait même prêt à conduire le pays à une année scolaire blanche au cas où ces revendications n’étaient pas satisfaites. La situation pose quelques problèmes. D’abord, il faut remarquer que les travailleurs ne sont pas les seuls béninois pour prétendre profiter plus des ressources du pays que les autres fils qu’ils sacrifient sur l’autel de leurs intérêts. A l’hôpital et en raison des grèves sans service minimum, les malades sont abandonnés à eux-mêmes et les grévistes qui auraient pu être à leurs lieux de travail sans servir, se donnent le vilain plaisir de se retrouver dans les structures sanitaires privées. Si on en est arrivé là c’est parce qu’on recrute des agents dont le niveau ne leur permet pas de faire preuve de conscience professionnelle. Dans d’autres cas, il y a une inadéquation entre les compétences et les responsabilités assumées. Dans un tel contexte on ne peut qu’assister à des grèves perlées qui frisent désormais la pagaille et qu’il d’y réfléchir. Hier, c’était les enseignants du supérieur qui ont bloqué les activités académiques durant des mois et sans renoncer à leur salaire. Idem pour les professionnels de la santé qui jouent avec la vie des malades. Et depuis fin janvier 2010, les élèves du primaire et du secondaire sont au repos dans les mêmes conditions.

Une chose et son contraire

Au-delà du fait que le pays n’a pas les moyens pour faire face à toutes ces revendications et que c’est en son corps défendant que le gouvernement a donné ce qu’il a, c’est tout de même aberrant que les syndicalistes n’acceptent pas les défalcations pour fait de grève alors qu’ils savent que celui qui n’a pas travaillé n’a pas droit au salaire. Mieux, ils sont les premiers à trouver la mauvaise gestion partout, et exigent des commissions d’enquête et des sanctions contre les fossoyeurs de l’économie nationale. Pourtant, aucun d’eux n’est encore disposé à accepter d’être audité sur la conscience professionnelle. Plus grave, c’est qu’ils sont un certain nombre de responsables syndicaux qui n’ont plus jamais organisé d’assemblée générale dans leurs différentes structures pour passer le témoin à d’autres militants. La plupart d’entre eux sont proches de leur retraite et veulent tout avoir avant de quitter la fonction publique. Pourtant, ce sont eux qui s’érigent chaque fois en donneurs de leçons et refusent de regarder dans les miroirs. Le droit de grève est reconnu constitutionnellement mais il ne fait pas en abuser. Les mouvements de débrayage auxquels on assiste semblent-ils sont mal fondés ou téléguidés. On soupçonne des hommes politiques de les soutenir. Car, il ne reste que 10 mois environ à l’actuelle équipe gouvernementale et c’est faire de la mauvaise publicité au chef de l’Etat en le montrant du doigt qu’il n’aime pas les travailleurs.

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)

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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /2010 17:45
::Koaci.com Cotonou::Janvier Yahouédéhou, un véritable œil de surveillant au sein de la mouvance présidentielle::

Après les dossiers sombres de la Lépi, de la Cen-Sad, des Machines agricoles, qu’il a dénoncé avec véhémence, voici de retour l’honorable Janvier Yahouédéhou, député de la mouvance dans son rôle de quêteur de vérité. C’est dans la même logique que le député des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe), pour mieux cerner les tenants et les aboutissants de la cession de l’Ocbn à la société PIC NETWORK LIMITED, a adressé une question écrite au gouvernement du Changement.


Flou autour de la cession de l'Ocbn ? Pourrait-on se demander ? Mais les questions du député Yahouédéhou au gouvernement peuvent lever l’équivoque. En effet, après avoir injecté des milliards dans l’Organisation commune Bénin-Niger (Ocbn) pour la ressusciter, le gouvernement du Changement est sur le point de concéder la société ferroviaire à une société dénommée PIC NETWORK LIMITED à travers un marché de gré à gré. Comme on pouvait s’en douter, cet état de choses a suscité des réactions au sein de l’opinion publique.

«Au vu de certains constats, je voudrais prier monsieur le Ministre délégué auprès du Président de la République, chargé des Transports Terrestres, des Transports aériens et des Travaux publics de fournir à la Représentation Nationale les éléments de réponse aux questions suivantes : en comprenant l’état de déliquescence dans lequel végétait l’OCBN était peu attractif pour des repreneurs potentiels au moment du lancement des deux premiers appels d’offres. Mais après avoir englouti des milliards dans l’OCBN et remis l’entreprise en marche, les données n’ont-elles pas changé ? Y compris la valeur commerciale et les actifs de l’entreprise ? Il est donc évident que les potentiels concessionnaires devraient enfin s’y intéresser, surtout lorsqu’on sait que dans les prochains mois, l’une des plus importantes sociétés opérant dans le secteur du nucléaire en Europe envisage importer l’uranium nigerien (2ème gisement mondial) via les chemins de fer vers le port de Cotonou, sans oublier les nouvelles découvertes de gisement de pétrole de Zinder à exporter ?» pose-t-il comme préoccupations au gouvernement.

En effet, dans le cadre de la mise en concession de l’OCBN, après l’échec de l’appel d’offre de 2005, une nouvelle tentative en 2008 s’est soldée par les mêmes résultats, pour raison d’incapacité et d’inexpérience du seul postulant (PIC NETWORK LIMITED). Suite à ces échecs, le Gouvernement béninois a entrepris de sérieux investissements en vue de son exploitation. Au total, près de 10 milliards de FCFA, sueur des contribuables béninois (subventions et prêts) y ont été injectés. Le 19 octobre 2009, le Gouvernement de la république du Bénin a signé à New Delhi une ligne de crédit avec l’EXIM BANK de l’Inde d’un montant de 7,5 milliards de FCFA pour le financement de divers projets dont 5,125 milliards de FCFA pour l’acquisition de six (06) locomotives au profit de l’OCBN. Le 28 décembre 2009, l’Assemblée nationale a autorisé la ratification de l’accord de crédit. Mais le 17 février 2010, l’opinion publique est informée de l’existence d’une convention de concession de gestion et d’exploitation de l’OCBN entre la République du Bénin/La République du Niger et la société PIC NETWORK LIMITED de monsieur Samuel DOSSOU, en date du 29 janvier 2010, mais pas encore signée par le Niger.
Par Richard Boni - Publié dans : Articles de presse - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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