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Bien malin qui pourrait savoir que dans cette affaire de nomination de Simon Idohou à New-York, c’est Boni Yayi qui joue la musique et qui danse en même temps. Et les faits viennent de prouver cette assertion. En effet, c’est le président Boni Yayi lui-même qui dans sa soif d’avoir Kérékou à ses côtés, a proposé au Général de tout faire pour paraître bon garçon à ses yeux, ne serait-ce que le temps de préparer la présidentielle de 2011. Pour ce faire, le prince du Changement s’est offert de faire certaines volontés de son prédécesseur. Mais comme Kérékou ne demande jamais rien, Yayi a jugé bon de lui proposer de rétablir dans ses fonctions l’époux de la seule personne qui, malgré les aléas relatifs à la perte du pouvoir, lui est restée fidèle. Aussi Yayi Boni a –t-il profité de cette parenthèse pour obtenir sa dernière rencontre cordiale avec le général dans ses ‘’Filaos’’. Mais entre-temps, certains faucons du Palais dont madame Diallo, qui n’ont pas trop grâce aux yeux du Général lui déconseillaient de ramener M. Idohou à ce poste duquel il lui avait été conseillé de le virer.
Le grand dilemme
Ainsi à la demande de Boni Yayi de faire lui-même plaisir à
Mathieu Kérékou en maintenant celui qu’il nomma 04 ans plus tôt aux Nations Unies, se dresse le non catégorique des faucons du Palais. Que faire ? En stratège politique et respectueux des
engagements pris surtout devant un patriarche de la trempe de Mathieu Kérékou, le choix était vite fait. Négocier avec les diplomates et placer tranquillement son topo mais Boni Yayi a préféré
l’option de la ruse. Oubliant que des 49 ans d’indépendance du Bénin, Kérékou, a à lui tout seul, capitalisé une trentaine au pouvoir, Yayi va et comme pour se réfugier derrière un cheveu,
mobiliser habilement société civile, diplomates via son ministre pour montrer que c’est le peuple qui s’offusque de cette nomination de Simon Idohou.
Autrement dit, Boni Yayi veut bien nommer Idohou à ce poste mais la pression du peuple béninois se fait trop intense. Mais comme les acteurs du Changement manquent toujours de finesse dans leurs
montages, les déploiements de moyens ont tôt fait d’exposer la marque déposée de Yayi. Et Kérékou dans ses filaos sourit en vieux briscard. Yayi vient encore pour la énième fois de lui dire
qu’il est bel et bien ce que le Général sait déjà. Il n’a pas de signature. Mais en agissant ainsi, Boni Yayi vient de manger son blé en herbe. On ne fait pas vieux os au pouvoir en allant
se mettre gratuitement à dos les gourous du syndicat des chefs d’Etat comme Mathieu Kérékou.
Toute chose qui va certainement faire jouir Adrien Houngbédji et les autres acteurs de la politique nationale actuellement dans l’Hexagone en conciliabule, curieusement avec Tévoèdjrè au
sujet de l’alternance en 2011. En écoutant les humeurs de madame Diallo qui a un autre problème avec le
Général Kérékou, Boni Yayi vient de se tromper en se méprenant sur la lecture qu’il devrait faire de son entourage. Tous les collaborateurs de Yayi ont mangé dans la main de Mathieu Kérékou,
l’aiment, travaillent avec lui et continueront encore longtemps à rester son fidèle serviteur. Comme pour dire que celui qui se met Kérékou à dos, a perdu son pouvoir.
Quelqu’un l’a dit. Le navire à la dérive ou presque des Fcbe va
au naufrage. Ceux qui n’y croient pas, peuvent s’acheter des sièges en cuir sur la plage ou la berge, le spectacle sera grandiose. En attendant de
conjuguer ce temps au passé simple, même très simple, il nous reste à passer au crible les errements de ce gouvernement du Changement. L’un des tout derniers est le retour en grâce du ministre Noudégbessi. Il ne s’agit pas ici de statuer ou non sur la culpabilité de l’homme qui vient d’être
rétabli dans ses fonctions mais c’est surtout son retour qui étonne. Yayi est-il sous la coupe des évangélistes ou a-t-il une profonde aversion pour
les musulmans ? Une question qui mérite d’être posée au regard des motifs qui l’ont poussé à se défaire de son ancien ministre des finances
Soulé Mana Lawani.
Qu’il vous souvienne que le motif avancé pour remercier le Mfe n’était nullement l’affaire Cen-Sad, mais les primes des personnels de santé que ce
dernier aurait signé unilatéralement. Un propos vite démenti par l’honnêteté d’un autre ministre en exercice à l’époque des faits, Roger Gbégnonvi. Ce qui revient à dire que le motif de cette
éviction demeure un mystère qu’on ne liera nullement à l’affaire Cen-Sad puisque celle-ci est arrivée des semaines après que le rapport de l’organisation du Sommet de la Cen-sad ne soit officiellement divulgué. Bref, s’il faut chercher le motif du départ de Lawani ailleurs et
surtout dans l’extraordinaire, on peut tout aussi bien se demander à quoi répond le retour de François Noudégbéssi ?
Certaines sources crédibles confirment que le retour en grâce de cet évangéliste bon teint est le fait de sa communauté qui assiège tous les recoins de la
présidence et même les toilettes. Les pauvres musulmans qui récemment ont été étourdis par les millions de Lawal et Yayi, peuvent maintenant être sûrs que ce n’est pas Yayi qui travaillera à la
cohésion à leur niveau. Son objectif est de rempiler d’abord. Qu’importe si une région, une communauté ethnique ou religieuse se batte pour obtenir
une meilleure situation ou se sente lésée, au pire.
Aujourd’hui, c’est le ministre Noudégbessi qui est rétabli dans ses fonctions malgré les nombreuses grognes fondées ou non. Pendant ce temps, son
ex-collègue de l’économie’ et des finances, Soulé Lawani tel un pestiféré est maintenu dans la souillure. Option de Yayi ou vérité ? Toujours est-il que le retour en grâce de Noudegbessi à
son précédent poste est comme une moquerie à l’endroit de ceux qui pensent que la notion de la
responsabilité va au-delà du sens scholastique et revêt un caractère moral qui impose que la page Noudégbessi ait été définitivement enterrée avec l’affaire Cen- Sad. Mais il y a-t-il encore
véritablement à bord du navire Fcbe un capitaine ?
Eric DJANGOUN
Article paru dans ''Le Béninois Libéré'' du vendredi 18 septembre 2009
La fête de Ramadan du dimanche prochain accueillera une grande personnalité dans le septentrion. Il s’agit
du président de la Banque ouest africaine de développement (Boad) Abdoulaye Bio Tchané qui effectue ce week end, précisément le
dimanche prochain, jour des festivités, une descente triomphale au cœur même de la plus grande communauté musulmane du Bénin, Djougou. Au programme, la traditionnelle prière à la grande mosquée et naturellement les visites de courtoisie. En marge de cette rencontre qui sera particulièrement colorée cette
année, les tractations politiques et surtout les messages de soutien qui ne vont pas manquer de fleurir toutes les rues où le président de la Boad aura le bonheur de passer.
Il faut dire que depuis maintenant quelques jours, Djougou réclame à cor et à cris la visite de Abt. La raison, est la mascarade organisée par le clan Yayi en début de semaine au cours du forum
de la Soaga. Rencontre au cours de laquelle, les pros Yayi n’ont pas hésité à scander de façon gauche et maladroite des slogans propagandistes. Pour répondre, c’est tous les 4 départements du
nord qui se sont donnés rendez-vous en guise de preuve de solidarité avec Abt. Toutes les sommités religieuses et traditionnelles des 4 départements du nord se sont passés le
mot pour ne pas rater cette opportunité. Parmi elles, les plus férues, jurent qu’elles l’obligeront à dire publiquement maintenant qu’il est candidat. Une façon de répondre à un yayi trop pressé
de rentrer dans un deuxième mandat que le peuple ne lui a même pas accordé.
Abt candidat aux élections présidentielles de mars 2011, c’est le rêve qu’ils veulent transformer en réalité. Un mois de jeûne musulman, c’est assez
pour ne pas se mentir. Femmes, jeunes filles et jeunes hommes se préparent déjà à accueillir Abdoulaye Bio Tchané. Les sages et notables ainsi que les autorités à divers niveau de la localité
s’apprêtent activement à la réussite de cette fête de Ramadan qui s’avérera très spéciale. Quelques heures avant l’événement inédit, Djougou s’est
paré de ses plus belles intentions en attendant les couleurs blafardes. Abdoulaye Bio Tchané sera accueilli dans la liesse
populaire à nulle autre pareille.
Claude ADJIKPA
Article paru dans ''Le Béninois Libéré'' du venderdi 18 septembre 2009
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