Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /2010 16:15

LA UNE DU JOUR 6 avril 2010
Plus de deux semaines après le recours des Fcbe:La Cour rejette l’abrogation de la Lépi [...]

Les sages de la Cour constitutionnelle ont cassé l’abrogation de la loi No 2009-10 portant Recensement électoral national approfondi (Lépi) et établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi). La décision intervenue tard dans la soirée du lundi 05 avril 2010 vient simplement en rajouter à la crise.


Personne en dehors des sages de la Cour constitutionnelle ne connaît pour l’instant les raisons évoquées pour casser l’abrogation de la Lépi. Cependant, dans les couloirs de l’institution que dirige Robert Dossou, les sages se seraient appuyés sur le préambule, l’article 35 et les dispositions du titre IX c’est-à-dire les articles 144 à 149 de la constitution du 11 décembre 1990 pour débouter les 46 députés initiateurs de l’abrogation de la loi 2009-10. On peut déjà deviner la suite de ce dossier fumeux. C’est que les positions à l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’ risquent désormais de se radicaliser. Déjà, le groupe dirigé par le président Bruno Amoussou s’est retiré le 05 avril 2010 de la Commission politique de supervision de la Lépi (Cps-Lépi) et rend assez difficile la poursuite des travaux de recensement électoral qui devrait démarrer depuis le 1er avril 2010. Dans la même journée du 05 avril, la présidente de la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme, Me Hélène Aholou Kèkè que l’opposition accuse de tous les noms, rompt le silence et explique la non convocation de ses collègues pour examiner la nouvelle proposition de loi sur la Lépi. Elle est allée plus loin en montrant que le président de l’Assemblée nationale, lors d’une rencontre de la conférence des présidents, n’aurait pas accédé à la demande de la convocation d’une session extraordinaire. De son côté, l’alliance Force cauris pour un Bénin émergent est montée hier au créneau, à travers un communiqué lu à la Télé dernière sur l’Ortb, pour donner son explication des résultats du groupe de travail. Quatre faits qui se sont succédés dans la même journée et qui ne doivent pas être dissociés. Pour les forces politiques de l’opposition, c’est le seul moyen qui leur reste pour marquer l’événement. Le groupe Bruno Amoussou qui devrait claquer la porte de la Cps-Lépi depuis le jeudi dernier a dû se rebiffer du fait que deux des six démissionnaires qui, sous la pression, ont retardé le processus. Selon une source, plusieurs réunions se sont multipliées entre samedi et lundi sans que les parties ne trouvent le bout du tunnel. Alors que du côté de la Cour constitutionnelle où l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’ (Un) a ses hommes qui informent au fur et à mesure de l’évolution de la situation, les choses se précisaient déjà. Faudrait-il continuer à attendre les deux autres démissionnaires qui hésitent toujours ? Les gens de ‘’Un’’ ont opté pour la démission à quatre. Le temps de poursuivre les négociations pour convaincre le député André Dassoundo et un autre militant Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Et en annonçant ainsi les couleurs, Amoussou et les siens retirent du coup à la Lepi la légitimité politique avec toutes les conséquences y afférentes.

La stratégie de la mouvance

La réaction communicationnelle de Me Hélène Aholou Kèkè apparaît comme un moyen pour justifier la violation du Règlement intérieur du fait que toutes les conditions étaient réunies pour la convocation de la session extraordinaire. Pour dédouaner la Cour constitutionnelle qui avait besoin de s’autosaisir parce que les articles 05 et 17.alinéas 3 de la loi n’ont été respectés. Selon ces dispositions en effet, le président de l’Assemblée nationale convoque la session extraordinaire à la demande du chef de l’Etat ou de la majorité des députés sur un ordre du jour précis. Des formalités qui ont été remplies sans que la session ne s’ouvre. Parce qu’en ouvrant cette session, l’Assemblée nationale complique la tâche à la haute juridiction qui, entre temps, a de besoin de prendre en compte le rapport du groupe de travail sur la Lepi. Mais, en réagissant, Me Kèkè s’est fait plus de mal qu’on n’aura pas pensé. Elle vient de se faire d’autres adversaires dans sa commission où la majorité se réunit déjà pour la destituer. Et puis, toutes les conditions semblent, dit-on, en cours pour le blocage des activités à l’Assemblée nationale. A commencer par le rejet du prochain rapport d’activité du professeur Mathurin Nago avant les habituels renvoies sine die de la plénière.

Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)

Article 35 : Les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun.

Article 147 : Les traités ou accords régulièrement ratifiés ont dès leur publication une autorité supérieur à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie.

La Cour rejette l’abrogation de la Lépi Les sages de la Cour constitutionnelle ont cassé l’abrogation de la loi No 2009-10 portant Recensement électoral national approfondi (Lépi) et établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi). La décision intervenue tard dans la soirée du lundi 05 avril 2010 vient simplement en rajouter à la crise. Personne en dehors des sages de la Cour constitutionnelle ne connaît pour l’instant les raisons évoquées pour casser l’abrogation de la Lépi. Cependant, dans les couloirs de l’institution que dirige Robert Dossou, les sages se seraient appuyés sur le préambule, l’article 35 et les dispositions du titre IX c’est-à-dire les articles 144 à 149 de la constitution du 11 décembre 1990 pour débouter les 46 députés initiateurs de l’abrogation de la loi 2009-10. On peut déjà deviner la suite de ce dossier fumeux. C’est que les positions à l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’ risquent désormais de se radicaliser. Déjà, le groupe dirigé par le président Bruno Amoussou s’est retiré le 05 avril 2010 de la Commission politique de supervision de la Lépi (Cps-Lépi) et rend assez difficile la poursuite des travaux de recensement électoral qui devrait démarrer depuis le 1er avril 2010. Dans la même journée du 05 avril, la présidente de la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme, Me Hélène Aholou Kèkè que l’opposition accuse de tous les noms, rompt le silence et explique la non convocation de ses collègues pour examiner la nouvelle proposition de loi sur la Lépi. Elle est allée plus loin en montrant que le président de l’Assemblée nationale, lors d’une rencontre de la conférence des présidents, n’aurait pas accédé à la demande de la convocation d’une session extraordinaire. De son côté, l’alliance Force cauris pour un Bénin émergent est montée hier au créneau, à travers un communiqué lu à la Télé dernière sur l’Ortb, pour donner son explication des résultats du groupe de travail. Quatre faits qui se sont succédés dans la même journée et qui ne doivent pas être dissociés. Pour les forces politiques de l’opposition, c’est le seul moyen qui leur reste pour marquer l’événement. Le groupe Bruno Amoussou qui devrait claquer la porte de la Cps-Lépi depuis le jeudi dernier a dû se rebiffer du fait que deux des six démissionnaires qui, sous la pression, ont retardé le processus. Selon une source, plusieurs réunions se sont multipliées entre samedi et lundi sans que les parties ne trouvent le bout du tunnel. Alors que du côté de la Cour constitutionnelle où l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’ (Un) a ses hommes qui informent au fur et à mesure de l’évolution de la situation, les choses se précisaient déjà. Faudrait-il continuer à attendre les deux autres démissionnaires qui hésitent toujours ? Les gens de ‘’Un’’ ont opté pour la démission à quatre. Le temps de poursuivre les négociations pour convaincre le député André Dassoundo et un autre militant Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Et en annonçant ainsi les couleurs, Amoussou et les siens retirent du coup à la Lepi la légitimité politique avec toutes les conséquences y afférentes.

La stratégie de la mouvance

La réaction communicationnelle de Me Hélène Aholou Kèkè apparaît comme un moyen pour justifier la violation du Règlement intérieur du fait que toutes les conditions étaient réunies pour la convocation de la session extraordinaire. Pour dédouaner la Cour constitutionnelle qui avait besoin de s’autosaisir parce que les articles 05 et 17.alinéas 3 de la loi n’ont été respectés. Selon ces dispositions en effet, le président de l’Assemblée nationale convoque la session extraordinaire à la demande du chef de l’Etat ou de la majorité des députés sur un ordre du jour précis. Des formalités qui ont été remplies sans que la session ne s’ouvre. Parce qu’en ouvrant cette session, l’Assemblée nationale complique la tâche à la haute juridiction qui, entre temps, a de besoin de prendre en compte le rapport du groupe de travail sur la Lepi. Mais, en réagissant, Me Kèkè s’est fait plus de mal qu’on n’aura pas pensé. Elle vient de se faire d’autres adversaires dans sa commission où la majorité se réunit déjà pour la destituer. Et puis, toutes les conditions semblent, dit-on, en cours pour le blocage des activités à l’Assemblée nationale. A commencer par le rejet du prochain rapport d’activité du professeur Mathurin Nago avant les habituels renvoies sine die de la plénière.

Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)

Article 35 : Les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun.

Article 147 : Les traités ou accords régulièrement ratifiés ont dès leur publication une autorité supérieur à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie.

Par Richard Boni - Publié dans : Articles de presse - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /2010 20:45

Ebullition dans le laboratoire de la démocratie

25/03/2010 à 15h:49 Par Tshitenge Lubabu M. K.
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L'avenue du Général-Cozel direction Ganhi, à Cotonou en 2010. L'avenue du Général-Cozel direction Ganhi, à Cotonou en 2010. © César Gaba pour J.A

Depuis son indépendance, le Bénin a été une sorte de terrain d’expérimentations où, tels des alchimistes, les hommes politiques ont essayé toutes les formules, des plus saugrenues aux plus traumatisantes, pour gérer un pays miné par le régionalisme et une instabilité permanente. Finalement, dans les années 1990, il a été le premier à tester la Conférence nationale, qui ouvrira la voie à la démocratie, et fera figure d’exemple. Malgré ces tâtonnements, le pays n’a pas connu les déchirements de la guerre. Il n’a pas pour autant profité de cette nouvelle stabilité pour enclencher la deuxième étape, celle de la victoire sur la pauvreté.

Une cour de récréation turbulente. Telle est l’image que le Dahomey, devenu Bénin en 1975, donne au monde durant les douze premières années de son indépendance. Sept coups d’État militaires entre 1963 et 1972, sans parler des tentatives avortées ! Une classe politique prise en otage par une armée indisciplinée, divisée en clans. Les mêmes partent et reviennent. Un jeu trouble qui conduit à une instabilité inédite. Pendant cette période, le pays tente toutes les expériences politiques imaginables pour se stabiliser : régime parlementaire, présidentiel, présidence bicéphale, triumvirat, régime militaire avec un gouvernement civil ou 100 % militaire, une élection présidentielle au suffrage universel qui alterne avec une loi martiale… Peine perdue : le Quartier latin de l’Afrique, comme on l’a surnommé, est ingouvernable.

C’est Hubert Maga, le premier président, qui ouvre la boîte de Pandore, en octobre 1963. Face à des revendications salariales qui dégénèrent, il sollicite l’intervention de l’armée pour rétablir l’ordre. Le général Christophe Soglo, chef d’état-major, ne demande pas mieux et inaugure, le 28 octobre 1963, la série des coups d’État. Ce qui vient d’arriver résulte d’une réalité profonde : la très grande régionalisation, l’ethnicisation de la vie politique. Ce phénomène est une constante au cours de ces cinquante dernières années. L’homme politique dahoméen, puis béninois, se conçoit d’abord par rapport à son terroir. C’est dans son fief ethnique ou régional qu’il recueille le plus de voix. Conséquence : en cas de succès, il a tendance à penser d’abord aux « siens ». Ces clivages apparaissent dès les premières années de l’indépendance. Ils conditionnent la démarche politique des principaux leaders : Hubert Maga, « l’homme du Nord » ; Sourou Migan Apithy, « l’homme du Sud » ; Justin Ahomadegbé, « l’homme du Centre-Sud ». La compétition se situe au niveau ethnique, au détriment de l’identité nationale, comme si les uns et les autres avaient de vieux comptes ancestraux à régler.

Instabilité chronique

Parmi les multiples crises, trois Constitutions en huit ans, les élections générales de mai 1968 annulées faute d’électeurs (le taux d’abstention était de 74 %), la nomination du docteur Émile Derlin Zinsou entérinée par référendum en juillet, et six mois plus tard son renversement par le colonel Maurice Kouandété.

"Vous appelez les militaires parce que vous en avez besoin. Mais ils s'apercevront que le pouvoir est très facile à prendre quand on a la force. Et, demain, ils interviendront sans que vous les appeliez."  Emile Derlin Zinsou, président du Bénin de 1968 à 1969.

 

C’est dans ce contexte d’instabilité chronique et de méfiance mutuelle que, en vue de mettre tout le monde d’accord, de contenter tous les ego et d’assurer une stabilité au pays, l’idée d’instaurer une présidence tournante, sous forme de triumvirat, est lancée au cours du premier semestre 1970. L’idée est inédite : Maga, Apithy et Ahomadegbé vont diriger le pays à tour de rôle, pendant deux ans chacun. Nous sommes en mai 1970. Mais le Conseil présidentiel, ce « monstre à trois têtes », ressemble à un serpent qui se mord la queue. En effet, les deux personnalités qui attendent leur tour ont un droit de veto sur les décisions prises par le président en exercice ! En outre, les ministres nommés viennent du même terroir que le leader. Hubert Maga inaugure le triumvirat et va jusqu’au bout de son mandat de deux ans. Ce qui ne sera pas le cas pour son successeur, Justin Ahomadegbé, renversé par Kérékou en plein jour, cinq mois seulement après son entrée en fonction. C’en est fini de l’expérience de l’hydre à trois têtes, voici venu le temps des ministres en kaki. En effet, pour la première fois dans l’histoire du pays, le nouveau gouvernement, annoncé le soir du coup d’État, est entièrement composé de militaires. Une nouvelle aventure va commencer : le marxisme-léninisme.

Sous Kérékou, le régionalisme se renforce et l’autoritarisme règne : tout le monde est mis au pas. La notion de fils du terroir devient la norme dans tous les organes du pouvoir. Une chape de plomb s’abat sur le Bénin et sur quasiment tous les Béninois. Par opportunisme plutôt que par conviction, certains se font coopter par le régime marxiste-léniniste et accèdent ainsi à un certain nombre de privilèges, même si le Bénin est loin d’être un pays de cocagne. Kérékou assoit son pouvoir sans difficultés majeures et malgré quelques tentatives de renversement, comme cette opération menée par Bob Denard qui échoue piteusement, à Cotonou, en 1977. « Le Caméléon » a la baraka. Sur le plan économique, les nationalisations d’entreprises ne suffisent pas pour assurer le bien-être de la population : le pays est avant tout agricole, avec le coton comme principale matière d’exportation. Confrontés à la vie chère, des citoyens téméraires se lancent dans la contestation ouverte dès 1979. Leur action reprend en 1985. D’abord de façon clandestine, puis au grand jour. Au premier plan : le mouvement étudiant, fer de lance du changement, et auquel vont se joindre d’autres forces, notamment les syndicats, les enseignants, les intellectuels catholiques…

Fin du marxisme-léninisme

La contestation prend de l’ampleur en 1989, d’autant que la situation économique est catastrophique et que le Fonds monétaire international (FMI) a imposé un plan de rigueur au gouvernement. L’année précédente, Kérékou a échappé à trois tentatives de putsch. Sur le plan international, deux événements retiennent son attention : le renversement suivi de l’exécution du président roumain, Nicolae Ceausescu, filmée et diffusée sur toutes les chaînes de télévision, puis la chute du mur de Berlin. C’est dans ce contexte que Mathieu Kérékou annonce de façon officielle, le 7 décembre 1989, la fin du marxisme-léninisme. Pendant ce temps, les émeutes se répandent et touchent les principales villes du pays. Le Caméléon n’a pas le choix : en février 1990, il convoque une conférence réunissant les forces vives de la nation afin de trouver des solutions à la grave crise économique. Il s’attendait à être suivi dans cette logique. Mais les quelque cinq cents délégués voient là l’occasion d’en finir avec son régime.

"Le fait d'avoir dit aux Béninois que dieu n'existe pas a suffi pour que tout le monde proclame que Dieu est vivant."  Mgr Isidore De Souza, ancien archevêque de Cotonou.

 

C’est ainsi que naît la première Conférence nationale du continent. L’heure du renouveau démocratique sonne pour le Bénin. Après une période de transition, Nicéphore Soglo remporte l’élection présidentielle de 1991 face à… Mathieu Kérékou, avant que celui-ci ne l’emporte à son tour en 1996 et en 2001. En dépit du changement qui a permis au Bénin de passer en vingt ans de la nuit du pouvoir arbitraire à la lumière du suffrage universel, le régionalisme n’a pas réellement reculé. Un nouveau phénomène s’y est ajouté : la transhumance des hommes politiques, qui, en fonction des intérêts du moment, passent facilement d’un parti à l’autre. Même si ce « nomadisme » n’est pas une spécialité béninoise.

Économiquement, le Bénin, bien qu’il ne soit pas un pays enclavé, n’a pas encore réussi à impulser un développement qui bénéficie au plus grand nombre. Son sous-sol est pauvre, et tous ses espoirs reposent sur l’agriculture. En plus, l’économie, très fragile, est dominée par le secteur informel et dépend beaucoup des soutiens extérieurs. Après cinquante ans de tâtonnements, le Bénin semble entré dans la période de maturité politique et de stabilité. Le temps est peut-être arrivé de s’attaquer enfin à l’autre mal du pays : la pauvreté. Le pétrole découvert l'an dernier peut, dans ce domaine, être une manne ou une malédiction.

Par Richard Boni - Publié dans : Articles de presse - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /2010 19:21

Des armes en direction du Bénin interceptées en Afrique du Sud

 

archive


De source digne de foi, une cargaison d’armes via le Congo Brazzaville pour le Bénin a été interceptée il y a quelques semaines en Afrique du Sud. Interrogés par la douane Sud africaine et sous la pression des autorités onusiennes, les affréteurs ont finalement avoué que la commande était en réalité destinée pour le Bénin.
C’est une nouvelle inquiétante pour la jeune démocratie béninoise. Si cette information s’avérait,  il y a de quoi s’interroger sur les vraies motivations des commanditaires.


Il y a quelques mois, c’est le député Eric Houndété qui tirait la sonnette d’alarme, lorsqu’il déclara sur une chaîne de télévision privée que le gouvernement  avait commandé et réceptionné des armes haut de gamme pour l’armée béninoise à prix d’or. Cette déclaration avait suscité un tollé général dans l’opinion publique. Laquelle se demandait si le renforcement des capacités militaires en armement, était  ce moment opportun et si cela constituait une priorité.  Pour le cas présent les armes interceptées, étaient soigneusement cachées dans des conteneurs de sacs de riz en provenance d’un pays asiatique. Détail qui attira l’attention de la douane Sud-africaine. Car d’ordinaire, les sacs de riz sont  entreposés dans des cales au fond du bateau et non dans des conteneurs bien protégés. Les autorités Sud africaines ont intercepté la cargaison et alerté les autorités onusiennes,  parce que le Congo est sous embargo depuis la guerre civile qui s’était déclarée  il y a quelques années et qui a fait de nombreuses victimes et déstructuré la société congolaise. C’est ainsi que sous la pression à la fois des autorités Sud-africaine et onusienne, les convoyeurs ont finalement confié que ces armes transitent par le Congo mais que la destination finale était le Bénin.


Une situation préoccupante
Cette affaire curieusement a coïncidé avec l’annonce officielle de la visite avortée du chef de l’Etat congolais en terre béninoise. En lieu et place, c’est son homologue béninois qui très discrètement s’est déplacé en terre congolaise, il y a quelques jours. Sur la chaîne panafricaine Africa 24, le chef de l’Etat béninois a justifié son séjour pour le moins curieux, par une visite de courtoisie, surtout disait –il, depuis le décès de Edith Bongo, fille de Sassou N’guésso, le président béninois confiait à la presse ne pas encore avoir eu l’occasion de venir lui présenter ses condoléances.
Le 14 mars 2010 dernier, les familles Sassou-Nguesso et Dirat ont commémoré le premier anniversaire de la mort d’Edith Lucie Bongo Ondimba par une messe d’action de grâce, à Oyo, village natal du président congolais, en présence de Théodoro Obiang Nguema Mbasogo et Yayi Boni.


En définitive, Sassou n’aura pas effectué le déplacement sur Cotonou, tandis que le président Yayi dont la visite n’était pas annoncée par voie de compte rendu de Conseil des ministres s’est retrouvé au Congo. Il serait difficile aujourd’hui  de ne pas établir de lien entre cette affaire de cargaison d’armes et ce déplacement impromptu du premier magistrat.  Au demeurant, cette affaire appelle une suite de questions : Est-ce vrai que le Congo n’a servi que de couverture pour convoyer des armes en direction de notre pays ? Est-ce dans ce cadre que devait s’effectuer la visite de Dénis Sassou N’guésso ou cette affaire a-telle conduit à l’annulation de la visite annoncée du président congolais? Est-ce pour cette raison que le président Boni Yayi s’est déplacé en catimini au Congo pour éteindre le feu et solder les comptes ? A quoi vont servir lesdites armes ?  Que va donc faire le Bénin de cet arsenal de guerre en cette  période sensible de précampagne électorale, à neuf  mois des échéances de 2011 ?

 

L'araignee

Par Richard Boni - Publié dans : Articles de presse - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /2010 13:59
LA UNE DU JOUR 22 mars 2010
L’Undp et Emile Derlin claquent la porte [...]

L’Union pour la majorité présidentielle plurielle (Umpp) ne doit plus compter l’Undp parmi ses membres. Le parti de l’ancien président Emile Derlin Zinsou s’est retiré de la famille présidentielle.


Partagée entre l’opposition et la mouvance présidentielle, l’Union pour la démocratie et le progrès (Undp) pourrait se déclarer bientôt à l’unanimité membre à part entière de l’opposition. En tout cas c’est ce qui risque de se passer, vu que cette formation politique ne se retrouve plus à travers l’Umpp. Selon un communiqué signé de son président Jean Claude Codjia, l’Undp a décidé de quitter cette grande famille présidentielle pour des raisons bien connues. En d’autres termes, le parti de l’ancien président Emile Derlin Zinsou a claqué la porte de l’Umpp à cause du malaise combien grandissant tous les jours. Cette décision pourrait permettre de remettre les pendules à l’heure dans une formation politique traversée par une crise. Depuis quelques mois, le parti connait une situation critique ayant provoqué une inertie des activités. Plus rien ne fonctionne. Les réunions ne se plus. Les militants sont laissés à eux-mêmes. Dans ces conditions, les rendez-vous statutaires n’ont pas pu se tenir. Cette situation a trop duré sans que le leader du parti, l’ancien président de la République Emile Derlin Zinsou ne prenne position, mais en s’engagent dans l’intermédiation de la crise entre les protagonistes. On se demande si l’ancien président n’a pas été à la base du retrait de son parti de la l’Umpp. Certaines sources proches des responsables le confirment. Car, s’il est un principal motif qui alimente la crise, c’est le ralliement d’un camp à la mouvance présidentielle. Tout porte à croire qu’en y renonçant désormais, l’unité peut regagner les esprits. Mais ce sera un coup dur pour le chef de l’Etat qui se sent de plus en plus abandonné en ce moment où les choses se compliquent pour lui. La démission de l’Undp de la majorité présidentielle est assimilée à un divorce entre le président de la République et les responsables du parti, dont Emile Derlin Zinsou.

FN

Par Richard Boni - Publié dans : Articles de presse - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /2010 13:56
LA UNE DU JOUR 22 mars 2010
Après l’abrogation de la Lepi :La décision des sages très attendue [...]

Après l’abrogation de la loi 2009-10 portant Recensement électoral national approfondi (Rena) et établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi), tous les regards sont tournés vers la Cour constitutionnelle. Suspense.


Les sages de la Cour constitutionnelle ont besoin de beaucoup de temps de réflexion et surtout, ils ont tout intérêt à ne pas négliger la profondeur de la crise politique avant de donner une suite à un éventuel recours contre l’abrogation de la Lepi obtenue par l’opposition le jeudi dernier au parlement. Parce que une décision dans la situation actuelle qui néglige tout ce qui a prévalu jusque-là en rajoutera simplement à la crise. Déjà, la Cour est taxée d’être à la solde du pouvoir Yayi Boni et au sein de l’Alliance ‘’Union fait la nation’’ on devine déjà le verdict. S’il arrivait que la décision rendue annule l’abrogation, la Cour tombe du coup dans le piège de l’opposition plus que jamais organisée, disposant de plusieurs cordes à son arc. Dans ce cas de figure on présage d’une situation de blocage du pays. Déjà, 14 ministères fonctionnent au ralenti et les autres seraient sur le point de leur emboîter les pas. Mieux, dans les centres universitaires, les activités académiques ne sont pas à l’abri d’une perturbation. Les étudiants de la faculté de droit qui constituent la plus grande masse de la communauté universitaire réclament un amphithéâtre plus vaste. Tous ces problèmes semblent avoir des dessous politiques. Car, toutes les fois, on se réfère aux salaires des hommes politiques et les dépenses de prestige du premier magistrat pour justifier le bien-fondé de ces mouvements de grève. Dans sa déclaration solennelle le jeudi passé à la suite de l’abrogation de la Lepi, le député Augustin Ahouanvoébla a fait un clin d’œil aux enseignants du Front d’action des trois ordres de l’enseignement qui sont prêts à tout même s’il faut conduire le pays à une autre année scolaire blanche. Le député du Prd n’a pas prêché dans le désert. A sa suite, le deuxième questeur de l’Assemblée nationale Sacca Fikara n’a pas caché de montrer la légitimité des revendications lors de son intervention sur une chaîne de télévision ce dimanche Déjà on les accusait d’être derrière ces mouvements qui ne finissent pas malgré les acquis jamais connus jusque-là. Entre temps, Me Joseph Djogbénou a, au cours d’une émission télévisée grand public, attiré l’attention de l’opinion nationale et internationale sur l’ampleur de la crise actuelle. Alors, les sages auront mieux à faire en s’inspirant de toutes ces situations avant de trancher.

Mais déjà une jurisprudence en la matière

C’est parce que l’opposition veut une Lepi consensuelle qu’elle ne se retrouve pas dans la loi No 2009-10 jugée à tort ou à raison d’être la seule chose du président Yayi Boni et de ses alliés. Or, c’est le terme ‘’Consensuel’’ demeurant toujours une notion à valeur constitutionnelle qui a été appliquée comme tel aux députés de la quatrième législature au moment où ceux-ci tenaient à se tailler une loi en retouchant la loi pour se donner un mandat de cinq avec effet rétroactif. Pour les débouter, la Cour constitutionnelle s’est référée aux résultats de la Conférence nationale et la constitution adoptée de manière consensuelle. Mieux, lors de son récent discours à la nation, le président Yayi Boni veut aussi d’une Lepi consensuelle autour de laquelle toutes les parties vont se mettre d’accord. Ainsi, on dirait qu’il a apporté de l’eau au moulin de ses adversaires au cas où la Cour venait à casser l’abrogation de la Lepi. Sur un autre plan, on dira que la majorité qui a changé de camp au parlement constitue un problème pour la Cour. Car, dans les mêmes conditions, les députés avaient passé outre les recommandations de la haute juridiction qui tentait de leur imposer une règle particulière pour les élections. A défaut de trouver un terrain d’entente, c’est au dossier qui a servi à gérer une élection précédente que le pays a recouru. Et il faut aussi craindre le blocage au Parlement de tous les dossiers du gouvernement jusqu-à nouvel ordre. Comme dans un passé récent où le président de l’Assemblée nationale gelait la programmation des questions orales d’actualité au gouvernement.

Par Richard Boni - Publié dans : Articles de presse - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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