Le plus gros adversaire de Boni Yayi pour mars 2011 ne
s’appelle pas Abdoulaye Bio Tchané, Adrien Houngbédji encore moins Léhadi Soglo. Ce qui fera tomber Yayi est avec lui, proche de lui aussi visible que le nez dans le visage. A moins de deux ans
de mars 2011, les masques ont commencé par tomber et Yayi peut aujourd’hui voir qui est qui et qui fait quoi à ses côtés. Le bras de fer entre lui et le ministre Jean-Marie Ehouzou est évocateur
de cette réalité. En effet, à son désir de nommer un cadre à un poste pour régler des problèmes propres à lui, le ministre, de façon très sournoise lui oppose une résistance des plus féroces.
Mobilisant société civile par-ci, syndicats par-là et des amis d’intérêt, le ministre est en train de monter une cabale contre son patron pour noyer son désir de nommer à un
poste quelqu’un d’autre que celui que lui veut à ce poste-là. Ignorant que Boni Yayi a, depuis un certain moment, le souci de remettre en cause la sincérité de tous ses collaborateurs pour mieux
les apprécier, le ministre a, de façon à peine cachée, mis sa machine en branle. Cette situation a poussé Boni Yayi à une rétrospection de tous les dossiers qui ne portent pas les griffes de son
collaborateur.
La déception de Yayi
C’est en cherchant à savoir l’une
des raisons de la colère du Général Kérékou contre sa personne que le nom Ehouzou a été révélé à Boni Yayi. De sources dignes de foi, il a été rapporté à Yayi que son ministre joue à un très
vilain jeu en peignant souvent Mathieu Kérékou en noir chez Yayi et en faisant de même auprès de Kérékou. Tout ceci alors que Yayi le croyait être un
des ses interlocuteurs auprès de son prédécesseur Kérékou qui a eu à gérer avec favoritisme la carrière de Ehouzou en faisant sa promotion contre le
cours normal des choses.
C’est dans ces conjonctures faites de révélations que le problème de la nomination est intervenu avec tout ce que cela comporte comme implication du ministre contre la volonté de son chef. Par
exemple, Yayi a la preuve que ce jour, sur l’impulsion des démarches de son ministre, le syndicat des diplomates béninois montent au créneau pour le charger. Or, ceci n’est que la partie visible
de l’iceberg dans ce qui se trame autour de Boni Yayi contre lui et par ses collaborateurs. Reste à savoir ce que sera la réaction du chef de l’Etat
face à cette trahison. Mais il paraît que depuis la France où il séjourne, le mentor du ministre Ehouzou, Albert Tévoèdjrè, menace déjà et prépare à Yayi un chantage aussi géant que la Tour
Eiffel si ce dernier osait toucher à un seul cheveu de son protégé.
Face à tout ceci, les quelques rares fidèles du chef de l’Etat menacent eux aussi de monter au créneau dans les jours à venir pour montrer à
Jean-Marie Ehouzou de balayer sa propre cour avant de vouloir jouer le propre sous forme de trahison. Il sera rappelé d’ici à là
au ministre Ehouzou combien il coûte au contribuable béninois en jouissant des avantages inhérents à ses fonctions de ministre tout en gardant une grande partie de ceux inhérents à ces anciennes
fonctions de Washington qu’il a quittées depuis bientôt un an. A suivre !
Sidick
Bagoudou
Article paruu dans ''Le Béninois Libéré'' du jeudi 17 septembre 2009