Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Excellence Monsieur le Président de l’Union Africaine,
Excellence Monsieur le Président Jacques CHIRAC,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Excellence Monsieur le Président du Faso,
Je voudrais avant tout me joindre aux autres participants pour vous exprimer à vous-même, à votre Gouvernement et au peuple burkinabè mes vives félicitations pour la parfaite organisation de ce forum ainsi que mes remerciements pour y avoir associé la Banque Ouest Africaine de Développement.
Depuis le sommet de Rio en 1992 sur l’avenir de la terre, on peut dire que la conscience humaine est plus grande sur nos responsabilités face aux changements climatiques. Cependant, nous continuons de vivre ce paradoxe qui est de vouloir le développement durable et de mener des activités qui nous en éloignent.
Nous savons aussi que l’humanité a toujours avancé en trouvant aux problèmes nouveaux des sources de solution nouvelles. Aujourd’hui, rien qu’à compter le nombre de réunions sur le sujet et à écouter les discours qui m’ont précédé, nous savons que nous sommes incontestablement à l’un des tournants majeurs de notre histoire d’homme.
D’après le Forum Humanitaire Mondiale, les changements climatiques entraînent la mort de 300.000 personnes par an, la malnutrition d’environ 45 Millions de personnes avec un coût social estimé à 1.300 Milliards de dollars.
Excellence Monsieur le Président du Faso,
Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Nous sommes ici pour affirmer que nous ne pouvons nous abandonner au fatalisme. Le continent africain dont la production de CO2 par tête d’habitant est la plus faible au monde est l’une des zones sinon la principale zone touchée par les dérèglements climatiques, en raison des faibles moyens d’adaptation dont il dispose. Le chapelet des catastrophes naturelles est de plus en plus long et le bilan des inondations est de plus en plus en lourd.
Pour cette année 2009, l’Afrique de l’Ouest vient de connaître à nouveau de graves et meurtrières inondations. Les pluies torrentielles ont rasé des villages entiers, faisant au moins 160 morts et près de 600.000 sans abris qui courent des risques sanitaires importants. Ici même à Ouagadougou où nous nous réunissons, le 1er septembre dernier, des pluies diluviennes ont causé huit (08) morts, 150 000 déplacés et des milliards de dégâts.
Pendant ce temps, la sécheresse est entrain de décimer le cheptel au Kenya où au moins 70% des puits naturels et des cours d’eau se sont asséchés : les éleveurs, en majorité dans la région aride du nord auraient perdu, selon le Premier Ministre Kenyan plus de 150.000 têtes de bétail.
Pourtant, l’Afrique ne bénéficie que très marginalement des dispositions du Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) mis en place dans le cadre du Protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre. Ce Mécanisme de flexibilité a donné naissance à un marché du carbone florissant, dont la valeur des échanges était estimée à 64 Milliards de dollars US en 2007 et à 120 Milliards de dollars US en 2008.
Excellence Monsieur le Président du Faso,
Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
En dépit de ces constats peu réjouissants, l’espoir subsiste. Il me semble que la priorité pour l’Afrique devrait être placée sur les moyens d’adaptation aux changements climatiques et les efforts de la communauté internationale devraient y aider. Toute la communauté internationale, les grands pays notamment sont interpellés pour une conjugaison des efforts afin d’aider nos pays à maîtriser les effets de ces changements climatiques et se tracer un sentier de développement durable.
Fidèle au principe des deux (02) piliers, je pense aussi que les institutions et Gouvernements africains doivent accorder une importance particulière à ces enjeux. Pour sa part, en tant qu’institution de financement du développement des pays membres de l’UEMOA, la BOAD s’est résolument engagée, depuis plusieurs années, aux côtés de ses Etats membres pour le financement d’actions entrant dans le cadre de la préservation de l’environnement et du développement durable.
En effet, depuis 2003, la Banque a élaboré une politique environnementale et sociale applicable à tous les projets soumis à son financement et s’est dotée d’une direction opérationnelle chargée du développement durable et de l’environnement, confirmant ainsi sa volonté de s’impliquer profondément dans le domaine.
Dans cette optique, la Banque a initié depuis 2008, plusieurs actions en vue de permettre aux pays membres de l’UEMOA d’être plus présents sur le marché du carbone notamment par des activités de renforcement de capacités des Autorités Nationales Désignées et de porteurs de projets.
De même, la BOAD a engagé le processus de mise en place d’assurance récoltes au profit des producteurs de l’espace UEMOA et ce, pour la prise en compte du risque climatique dans leurs activités.
Excellence Monsieur le Président du Faso,
Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Ainsi que je le disais au début de mon propos, le thème de nos assises représente un moment historique de l’aventure humaine. Il ne peut être question pour les africains en général et ceux de l’Afrique de l’Ouest en particulier, de se croiser les bras au bord de la route et de regarder passer le train en se plaignant de ses nuisances sur l’environnement. Non ! Nous sommes des acteurs ; nous sommes à bord du train du Monde pour travailler ensemble avec le reste du Monde à la résolution de ce défi mondial.
Je vous remercie
Abdoulaye Bio Tchané