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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 05:23

 Créez l’incident. Créez l’incident. Si un policier vous arrête à un contrôle de sécurité, n’obéissez pas. Appelez-moi où mon directeur de cabinet... ». Ainsi parlait le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Armand Zinzindohoué, le week-end écoulé, au cours d’une séance de travail entre les transporteurs et les forces de sécurité publique dans le cadre de la lutte contre la corruption et le rançonnement sur les axes routiers béninois. Il a précisé que les policiers ne peuvent que réclamer les pièces des véhicules aux conducteurs aux postes de contrôle. C’est pourquoi, il a appelé les transporteurs à créer l’incident au cas où les policiers passeront outre ses recommandations. Si cette mesure est prise pour combattre les trafics d’influence des hommes en uniforme dans la circulation, il se pose alors la question de savoir s’il est normal qu’un ministre, de surcroît chargé de la sécurité publique, puisse tenir de tels propos. Assurément, il n’a pas mesuré la portée de ses déclarations. Et il doit être entrain de les regretter. Car, en tenant de tels propos, il a tout simplement livré les policiers à la vindicte populaire. Certes, parmi les forces de sécurité publiques, il y a des brebis galeuses, qui rançonnent, rackettent les populations et plusieurs d’entre eux sont corrompus. Mais, en parlant ainsi, non seulement M. Zinzindohoué bafoue l’autorité des hommes en uniforme, mais aussi il risque de provoquer des affrontements graves entre policiers et transporteurs. Quelle différence peuvent faire les conducteurs de camion dont la plupart sont des illettrés, entre un poste de contrôle de pièces et un poste de sécurité ? Qu’est-ce qui différencie un policier faisant un contrôle de pièce et son collègue qui fait la sécurité ? Lorsque les policiers n’auront plus d’influence sur les conducteurs de poids lourds, il y a danger, car la peur du gendarme qui est aussi une source de sécurité, disparaîtrait automatiquement. C’est dire que le non-respect du policier peut être à la base des déviances des conducteurs de camions sur les voies. L’analyse de leurs attitudes sur le terrain en dit long. Parfois, ils se droguent avant de monter dans leur véhicule et créent de graves accidents sur les routes. A Cotonou, Porto-Novo, Parakou et ailleurs, on ne cesse de dénombrer les morts en raison de leurs mauvaises conduites. Que feront-ils alors lorsqu’ils n’auront plus peur des forces de sécurité ? Qui serait responsable lorsqu’un policier se fera faucher par un camionneur qui refuse d’obtempérer à ses ordres ? La décision du ministre Zinzindohoué n’est pas la meilleure et il est à craindre dans les prochains jours des accrochages entre policiers ou gendarmes avec les conducteurs de camions. D’une manière ou d’une autre, le ministre de l’Intérieur est passé à côté de la plaque.

Cécile Agossa

Par Richard Boni
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