11 mars 2010Depuis hier mercredi 10 mars, les sources officielles ont confirmé les persistantes rumeurs selon lesquelles, Arifari Bako sera le successeur de Epiphane Quenum au poste de Superviseur général de la Commission politique chargée de contrôler la mise en œuvre du processus devant conduire à la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Ce changement intervient à un moment où la pression monte dans les différents blocs politiques, qui pour l’accélération de la machine, qui pour l’arrêter. Le nouveau responsable de la Cps doit affronter cette situation qui a l’air d’un imbroglio difficile à dénouer.
Les élections de 2011 avancent à grands pas, mais le processus devant conduire à la réalisation de la Lépi piétine. Pour certains observateurs, la machine est en panne et il faut la relancer en commençant par lever les premiers obstacles à son avancement. C’est dans cet esprit que sont intervenus, deux changements majeurs. Après le remplacement du président de la Mission indépendante du Recensement électoral national approfondi (Miréna), c’est au tour de la Commission politique de supervision subir le même sort. Ainsi, à la suite de la démission de Epiphane Quenum au poste de Superviseur général de la Commission politique, l’honorable Arifari Bako a été désigné pour conduire les destinées de la structure. Seul candidat au poste, le coordonnateur national du G13 et député à l’Assemblée nationale est passé comme une lettre à la poste. Il a recueilli 11 voix, 00 contre 02 abstentions. Sur les quinze membres que compte la structure, trois d’entre eux étaient absents, en l’occurrence André Dassoundo et Epiphane Quenum. Léon Basile Ahossi était également absent à cette plénière consacrée à l’élection du Superviseur général. Mais il a participé au vote par procuration qu’il a délivrée à son compagnon du G13, désormais successeur de Epiphane Quenum. C’est dire que la page du député de la Renaissance du Bénin est tournée déjà.
Après l’avoir accusé de torpiller le processus et de l’arriérer, ses pairs l’ont contraint à mettre un terme à son séjour à la tête de la Cps-Lépi. Il est désormais question de relancer le processus. Ce à quoi va s’atteler Arifari Bako dont personne ne doute des capacités intellectuelles et du sens de discernement dont il a grand besoin pour conduire à bon port les opérations . La question aujourd’hui n’est pas de demander de quoi est capable le nouveau Superviseur général. Si on accuse son prédécesseur de ne pas pouvoir faire preuve d’engagement réel et d’afficher une apparente détermination, il faut se préoccuper de ce qui va se passer dans les jours à venir avec Arifari Bako. L’agitation politique observée de part et d’autre, les discours critiques de l’Union fait la Nation, les interventions modérées de la Société civile mais empreintes d’inquiétudes, l’optimisme béat qu’affiche la mouvance présidentielle, les appels incessants des partenaires financiers et techniques à l’endroit des protagonistes de la crise de la Lépi, les invitant à retrouver un terrain d’entente, la cacophonie dans les attributions entre la Cps et la Miréna, les contradictions contenues dans leurs différents rapports présentés le mardi dernier à la Marina, ne sont pas de nature à faciliter la tâche au nouveau Superviseur général. Car, la somme de toutes ces positions est importante et ne pas les considérer risque d’accentuer la crise. Ce d’autant que, les opposants ne comptent pas démordre face à un régime qui tient dur. C’est une énorme pression qui repose sur les épaules de Arafari Bako. Considéré à la fois comme étant proche de la mouvance et de l’opposition, Arafari Bako n’a pas droit à l’erreur et ses propositions sont attendues pour relancer la machine. Son élection doit produire les effets escomptés et non déboucher sur une crise plus que jamais nourrie. Le recours à la méthode participative est nécessaire et il est important qu’il fasse preuve de neutralité en ramenant la confiance dans tous les esprits. Sans faire les yeux doux à l’un ou l’autre des camps, le Superviseur général a tout intérêt à mettre tous les acteurs d’accord, sans le concours desquels tout espoir de sortir de l’impasse est illusoire. Déjà, il peut s’appuyer sur le Groupe de travail qui sera mis en sur pied afin de permettre de déboucher sur des bases consensuelles.
FN .