4 décembre 2009Le Benin n’aura certainement plus la Liste électorale permanente informatisée ( Lepi) tant souhaitée. Et avec les différentes prises de position autour de la réalisation de cette Lepi à controverse, le président Yayi Boni risque d’être le plus grand perdant dans cette aventure pour laquelle ses adversaires commencent par être trop nombreux.
L’Alliance “ Union fait la nation (Un)” ne veut pas de la Lépi à la manière Yayi Boni. Le groupe des amis de Abdoulaye Bio Tchane pour l’élection présidentielle sont dans la même logique et viennent d’ailleurs de rendre publique une déclaration dans ce sens. Sur le terrain, ce sont les agents recrutés pour conduire les opérations de cartographie censitaire qui commencent par donner de la voie. Et bien avant, il y avait la crise au sein de la société civile autour du même dossier. Sans oublier les querelles de personnes dans la Commission politique de supervision (Cps) ou un front est ne entre mouvanciers et opposants pour déstabiliser son président Epiphane Quenum. Bien plus tôt, c’est l’ancien coordonateur Forces cauris pour un Benin émergent (Fcbe) le député Janvier Yahouédéou qui a été le premier à contester la façon dont le débat commençait à être mené. Pourtant, il continuait, à l’époque, à jouer de grands rôles aux côtés du chef de l’Etat. Et Dieu seul sait ce qu’il adviendra quand les populations concernées par l’opération vont se mêler aux dérives actuelles. Autant de situations qui auraient pu trouver de solutions avant le lancement de l’opération. Mais hélas. Tout se passe comme si le président Yayi Boni toujours très mal conseille, cherche à mettre tout le monde devant le fait accompli. Et sans un minimum de garantie il pourrait du coup se retrouver dans le décor. Surtout qu’il vient a nouveau de commettre la maladresse d’envoyer imprudemment ses partisans sur le terrain pour sensibiliser les populations auteur de sa cause. Alors même qu’il ne s’est pas assuré d’une bonne communication avant de prendre cette décision. Oubliant qu’aujourd’hui, son message ne passe plus et les hommes qu’il envoie souvent dans les régions, manquent de stratégie pour convaincre. Oubliant également que c’est dans les mêmes conditions que ses ministres ont lamentablement échoué à Cotonou à la veille des dernières échéances électorales pour les municipales quand ils tenaient à retirer la ville à l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo. Aujourd’hui, avec les mêmes stratégies, ils reviennent à la charge pour sensibiliser pour une Lépi fortement minée et qui oblige désormais d’autres moyens avant sa mise en œuvre effective. Dans ces conditions ou le nombre d’adversaires ou les faits semblent donner raisons au député Janvier Yahouédéou, il faut d’abord et avant tout craindre les conséquences d’une descente des forces politiques de l’opposition sur le terrain. Puisqu’elles sont politiquement et stratégiquement mieux outillées que les hommes actuels autour du pouvoir. De deux, le processus pourrait être facilement bloque a l’allure ou vont les choses. Et le pays perdrait aussi facilement l’argent déjà englouti dans un dossier aussi mal ficelé. A terme, c’est le président Yayi Boni qui se retrouvera le dos au mur. Pour s’être lancé dans une telle affaire sans un minimum de garantie. Il aurait ainsi perdu assez de temps. Mieux, il sera déjà trop tard pour changer de fusil d’épaule. Parce qu’à environ 15 mois d’un scrutin aussi capital pour lui, ce n’est pas seulement sur une Lépi qu’il peut s’appuyer pour gagner sa réélection. Ce qu’on semble avoir perdu de vue dans cette mouvance ou tout le monde ne vise plus les mêmes objectifs. Certains mouvanciers actuellement sur deux chaises, négocient déjà leur point de chute au cas où Yayi Boni venait à perdre le scrutin. Les autres très peu nombreux qui s’embrouillent au maximum, mélangent déjà trop les pédales. Il semble qu’on ne peut rien attendre de sérieux de ceux-là parce que leur seule fidélité à Yayi Boni ne suffit pas pour le reconduire.
Jean-Christophe Houngbo Depuis Beijing en Chine