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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 09:33
 
::Koaci.com Yaoundé::

Les populations du quartier de Bafia ont été témoins d’un crime kafkaïen dimanche 15 novembre 2009 dernier, lorsqu’elles sont réveillées par quatre coups de feu tirés entre 6h25 et 6h30 dans le domicile du deuxième adjoint du commissaire de sécurité publique de Bafia. L’officier de police deuxième grade dénommé Olivier Vierlot Ehongo âgé de 29 ans, puisqu’il s’agit de lui, vient d’abattre sa femme, Mme Ehongo née Virginie Marthe Balom, substitut du procureur de la république, 40 ans, qu’il a épousée en grandes pompes en 2007.

Tout part d’une querelle qui s’est déclenchée la veille du jour du crime et qui s’est poursuivie jusque tard, dans la nuit. Au centre de la dispute conjugale, un matelas que M Ehongo veut attribuer, toutes affaires cessantes, à sa tante en séjour à Bafia. Une décision qui n’est pas du goût de Mme Ehongo, elle qui réclame la propriété dudit matelas et refuse qu’il soit cédé à qui que ce soit. Selon une voisine du couple, le fait paraissait banal car, « Ils n’étaient pas à leur première dispute interminable. Ils s’étripaient pour un rien et à tout venant. De telle sorte que ces moments de tension étaient devenus partie du décor dans le voisinage et n’émouvaient plus quiconque. » Mais ce dimanche, le bât blesse lorsque les mariés n’arrivent pas à s’accorder au sujet du matelas litigieux. La querelle se déroule en pointillés, s’interrompant de temps à autre, pour reprendre à chaque fois de plus belle.

A 23 h, lasse de cette sempiternelle tension, elle se sauve. Mais, une fois de plus, il faut dire que cela est coutume. Elle a ses habitudes dans une église de réveil située à deux pas du domicile conjugal. La Mission du Plein Evangile. Elle s’y rend parfois quand la tension atteint le paroxysme. Or, ce jour-là par contre, quand Virginie Marthe Balom délaisse mari et enfants, elle se réfugie chez une amie. « Elle est venue me voir chez moi à 23h. Nous avons passé la nuit ensemble et elle m’a raconté les tensions de plus en plus insupportables qui régnaient dans son foyer. Elle a encore accusé la violence de son mari. A 5h30, contre toute attente, elle a pris un bain et m’a fait part de sa détermination à aller ramasser ses affaires pour recouvrer sa liberté. Elle en avait ras-le-bol de cette situation invivable. J’ai quant à moi essayé de lui faire entendre raison, en lui expliquant qu’il était mieux d’attendre que le jour se lève vraiment et qu’elle ne se présente au domicile conjugal qu’en présence de tierces personnes. Elle a fait la sourde oreille. C’était devenu comme une obsession de mettre un terme à ce mariage qui dure depuis moins de 3 ans. » L’épouse rentre donc chez elle en compagnie de son amie. Mais, tout se précipite dès que Virginie Marthe Balom pousse la porte du domicile conjugal. Le voisinage est réveillé par de nouveaux éclats de voix.

Quand le premier coup de feu se fait entendre, il est 6h25. Trois autres coups de feu vont suivre, d’affilée, sans répit. Leur succéderont les pleurs des quatre enfants et la voix de la victime qui crie de douleur. Détail significatif : « La victime chantait une louange à Dieu ! », Cinq minutes plus tard, un quatrième coup de feu résonne. « Un silence de cimetière a suivi ce dernier coup de feu. Nous avons alors redouté le pire, à savoir que le commissaire ait abattu toute la famille » raconte un voisin.
Selon des sources policières, sept impacts de balle ont été identifiés sur le corps de la victime et quatre douilles retrouvées dans la pièce. Selon les mêmes sources, Virginie Marthe Balom aurait été touchée aux pieds, au ventre, aux yeux et à la clavicule. A la clavicule ? Une voisine n’est pas surprise : « Tout juste avant que ne retentisse le premier coup de feu, j’ai entendu la défunte crier : ‘‘Laisse-moi m’en aller, je ne suis pas prisonnière ici.’’ Et le commissaire insistait : ‘‘Ce matelas, je le donne à ma tante, tu verras ! » C’est à ce moment qu’il a dû commencer à tirer, alors qu’elle avait le dos tourné.

Après avoir commis son forfait, Olivier Vierlot Ehongo a filé à l’anglaise. Chose curieuse, il a abandonné son téléphone portable sur les lieux du crime, emportant plutôt celui de sa femme. Il s’en servira pour joindre le commissaire de sécurité publique : « Il m’a appelé et m’a dit qu’il était sur a route de Yaoundé et qu’il comptait s’y rendre pour se suicider dans un endroit où on peut facilement retrouver son corps. Il a dit qu’il venait de se rendre compte que sa femme le trompait depuis le temps qu’ils étaient ensemble et qu’il ne l’a pas supporté. Allant jusqu’à conclure que tout le monde sera perdant, la famille de sa femme et la sienne. Comme cela, tout le monde aura son comptant de malheurs. Il a dit enfin que c’est le destin, et qu’il a pris la bonne solution. Il ne m’a pas donné une seule minute pour placer le moindre mot » raconte le commissaire.
Certaines sources rapportent aussi que l’assassin a appelé d’autres officiers des forces de l’ordre pour leur indiquer qu’il se trouve à Ombessa (non loin de la ville de Bafia) et qu’il compte se rendre. Ce qui n’est pas encore le cas aux dernières nouvelles.
Par Richard Boni - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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