2-Cette décision nous indigne parce qu’elle constitue une atteinte à la liberté d’opinion, de croyance et de conscience garantie par la Constitution du 11 décembre 1990 en son article 23. En effet, selon la dame Emilia Dagnonhouéton, le régime du Président YAYI est condamné par Dieu en raison des faits qu’elle lui reproche et qui sont connus de tous. Quelle eût été la réaction de la HAAC si au lieu d’une condamnation, la dame Dagnonhouéton avait fait l’apologie du gouvernement et surtout de son Chef, en les affublant de qualités et de mérites qu’ils n’ont guère, comme le font, à longueur de journées et de semaines, d’autres émissions religieuses ?
3-En laissant certains médias, y compris ceux du service public, relayer exclusivement la propagande gouvernementale, en leur permettant de diffuser les injures, les diffamations et les calomnies contre certains acteurs politiques, en acceptant que des propos régionalistes, sectaires, d’incitation à la haine et à la violence soient abondamment déversés par ces médias, la HAAC s’est fait elle-même complice de la volonté de musellement de la presse et des forces sociales de notre pays. Elle est donc mal fondée à sanctionner aussi lourdement une entreprise de presse pour des propos, certes tenus sur son antenne par une citoyenne, mais dont elle n’a pas eu préalablement connaissance.
4-L’Union fait la Nation en appelle à la conscience patriotique de toutes les institutions de la République, et particulièrement celle de la HAAC, afin que chacun sache faire un usage raisonné de son pouvoir. La paix sociale et la stabilité de notre pays en dépendent. La HAAC doit s’atteler à assurer l’approfondissement du pluralisme et la promotion de la liberté de presse. Elle doit s’atteler à sanctionner les dérives et toutes les dérives, de manière juste, proportionnée et pédagogique.
Fait à Cotonou, le 10 Novembre 2009
L’Union fait la Nation