
Le virus de la division a atteint et divise les membres du troisième gouvernement du Changement. En effet, alors qu’il devient de plus en plus très difficile pour le président Yayi Boni de former son équipe gouvernementale de combat pour les échéances électorales de 2011, quatre camps antagonistes s’affrontent actuellement autour de lui.
Ce n’est désormais plus la parfaite harmonie autour du chef de l’Etat. On distingue pour le moment au moins quatre clans qui bataillent autour de lui. Il y a d’abord les ministres très proches du chef de l’Etat aux premières heures de 2006. Forts de leur audience auprès du président Yayi Boni, ces super ministres ont œuvré pour la mise à l’écart de toutes les personnalités politiques qui ont aidé l’homme du Changement à passer avec brio le premier tour avant d’obtenir les 75% de soutien au second tour. Ce sont ces gens mal intentionnés qui étaient à l’origine de la formation des cabinets ministériels depuis une cellule du Palais de la Marina. Ces super ministres ont juste duré le temps d’un feu de paille. Ils sont relégués au second plan depuis des mois. Certains d’entre eux ont même perdu leurs portefeuilles ministériels. Les autres qui ont été repêchés de justesse lors de la formation du dernier gouvernement, semblent sur le point de départ. Ils sont les premiers mécontents. Il y a ensuite la vague de leurs collègues qui ont été victime de leur manipulation.
Seulement, ils ont résisté à la tourmente et restent très fâchés de la façon dont ils ont été traités. Parce qu’au-delà des frustrations, ils ont perdu du terrain pour n’avoir pas pu placer leurs militants pendant le service. La troisième vague des ministres mécontents concerne ceux qui ont dû batailler fort pour mériter la confiance du chef de l’Etat. La plupart de ceux-là ont trompé le président Yayi Boni sur leur réelle capacité à lui drainer du monde. Et après les dernières échéances pour les municipales et les communales, les résultats sont plutôt amers. Car, malgré les tractations institutionnelles pour leur faire la part belle, les urnes ont présenté des résultats plutôt médiocres et les mettent en mauvaise posture dans le gouvernement. Ces vagues de ministres pour la plupart transfuges des formations politiques traditionnels qui ne savent à quel saint se vouer, sont en instance d’être éjectés du gouvernement. C’est cette situation qui les angoisse parce qu’aucun point de chute n’est en vue pour eux. La dernière vague des mécontents de la crise actuelle est constituée de ministres qui sont noyés dans de dossiers imprescriptibles de mauvaise gouvernance. Ils sont actuellement entre le marteau et l’enclume. Ils ne savent pas s’ils seront reconduits dans le prochain gouvernement et sont perturbés par le fait que l’opposition non déclarée les a épinglé et attendent seulement l’occasion propice pour les mettre à nu. Tout ce beau monde qui part à inégalité de chances ne s’accepte plus dans le gouvernement. C’est surtout cette situation qui est à la base de la prolifération des partis et mouvements politiques dans cette mouvance où chacun cherche à sauver sa tête. Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé/Plateau)