20 novembre 2009La commission budgétaire a, une fois encore, refusé la présentation du budget 2010 tel que voulu par le gouvernement. En chassant une nouvelle fois les émissaires du gouvernement de l’hémicycle, les parlementaires de la cinquième législature posent trois conditions au chef de l’Etat avant de prendre en compte sa loi de Finances de l’année prochaine.
Le bras de fer enclenché depuis quelques semaines se poursuit entre le gouvernement du Changement et les députés de l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’ et un groupe de députés de la mouvance présidentielle. Ainsi, après avoir été « éconduits » le mardi 17 novembre 2009 de l’Assemblée nationale à cause de la présentation de deux montants différents pour le même budget général de l’Etat gestion 2010, le ministre de l’Economie et des finances et son collègue en charge de la prospective et du contrôle de l’action gouvernementale ont subi la même sentence hier jeudi 19 novembre 2009. Les élus du peuple leur reprochent cette fois-ci trois autres irrégularités qui crèvent l’œil. D’abord, ce n’est pas le nouveau décret réclamé qui a été pris à l’issue du dernier conseil des ministres. Le gouvernement en effet, n’a envoyé qu’une correspondance pour voiler la farce. Dans le cas du mardi dernier, c’est le secrétaire général du gouvernement qui a adressé une lettre à son homologue de l’Assemblée nationale pour lui signifier la volonté du chef de l’Etat de remplacer le chiffre incriminé. Il s’agit du dol manifestement organisé, à tort ou à raison, par les cadres du ministère des Finances. Au lieu du montant réel du budget 2010 estimé dans le document distribué aux députés à 1 267 407 000 000 f cfa, c’est plutôt 1 367 407 000 000 f cfa qui a été présenté par le ministre des Finances à la surprise générale. Le décret de transmission portait d’ailleurs le même montant. Pourtant, au cours d’un échange avec la presse parlementaire le samedi passé, les journalistes avaient attiré l’attention du directeur général du budget sur cette erreur qui commence par faire mal et le sera sur plusieurs mois. Deuxièmement, les députés hostiles à la politique du Changement ne veulent pas d’une simple lettre pour corriger l’irrégularité. Pour eux, c’est seulement et rien qu’un autre décret de transmission à l’Assemblée nationale de ce budget corrigé qui pourra, selon les parlementaires actuellement opposés au chef de l’Etat, aider à corriger l’erreur. La troisième raison liée à la crise est d’ordre politique. Elle trouve son fondement dans les échéances présidentielles et législatives couplées de 2011 et vise à contrer le président Yayi Boni dans tous les sens et lui éviter sa réélection à la tête du pays. Aussi, c’est vers la prise d’une ordonnance pour faire exécuter le budget général de l’Etat exercice 2010 que l’opposition non déclarée veut conduire le chef de l’Etat. Pour le rendre plus impopulaire. Dans cette optique, on lui exige d’envoyer la correction au plus tard jeudi 19 novembre 2009 au Parlement. Non, pas cette fois-ci au secrétaire général administratif de l’Assemblée nationale. Mais au président de l’Assemblée qui devra le transmettre à la plénière le lundi prochain. Pour le cas actuel, c’est le deuxième vice président Antoine Dayori qu’il devrait revenir l’insigne honneur de diriger les débats et d’envoyer la requête à, la Commission des finances et des échanges le lundi prochain si le document venait hier à être enregistrer au secrétariat général. Pour reprendre la procédure à zéro et de façon à montrer que le président Yayi Boni n’a pas respecté le délai règlementaire pour acheminer son budget au Parlement. Un moyen de le contraindre à recourir à la prise de l’ordonnance qui est jugée très douloureuse par ces temps qui courent.
Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)