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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 17:42
LA UNE DU JOUR 9 décembre 2009
Affaire offense au chef de l’Etat au Tribunal de Cotonou:Le procès de Andoche Amégnissè prend d’autres tournures [...]

Programmé le vendredi 05 décembre 2009 au Tribunal de première instance de première classe de Cotonou, le procès qui oppose le Ministère public à Andoche Amégnissè, à qui on reproche d’avoir offensé le chef de l’Etat, est reporté au 11 décembre prochain. Inquiets des tournures que prend le dossier, des avocats se sont constitués à pied levé à l’ouverture pour défendre l’opposant, qui ne manque pas aussi de soutien au sein de la classe politique et de l’intelligentsia.


Avant le 11 décembre prochain, il n’est pas inutile de cerner ce qui va se passer au Tribunal de première instance de Cotonou à propos de l’affaire qui oppose le Ministère public à Andoche Amégnissè, accusé d’offense au chef de l’Etat. Tous les ingrédients sont déjà réunis pour qu’on assiste à un procès, inévitablement très enlevé entre les avocats des deux parties. Déjà à l’ouverture du dossier le 05 décembre dernier, l’ambiance qui a régné dans le rang des avocats, laisse entrevoir une bataille sans merci entre deux camps. D’un côté, ceux qui estiment qu’il s’agit d’un faux procès. Spontanément, ils se sont mobilisés pour apporter tout leur soutien à Andoche Amégnissè. Ainsi, en plus des avocats originels qui avaient connaissance du dossier, à savoir Maitres Magloire Yansunu , Raphaël Ahouandogbo et Alfred Bocovo, deux autres ténors du barreau de Cotonou, Maitres Joseph Djogbénou et Charles Badou, se sont constitués pour être aux côtés de Andoche Amégnissè. D’autres encore sont annoncés.

Qu’est-ce qui justifie cette spontanéité dans le rang des hommes en toge noire ? Ce n’est pas parce qu’ils aiment particulièrement l’accusé ou qu’ils ont des liens privés d’amitié avec lui. Ces différentes constitutions sont fondées sur des éléments d’analyse du dossier. Il découle des appréciations des avocats de l’opposant, que les droits de leur client sont en train d’être bafoués. De même, ils établissent que l’affaire prend des tournures auxquelles personne ne s’attendait. Ça devient un dossier politique, tente t-on de faire croire. Il pourrait bien en être question dans la mesure, des membres du G13 et certains députés Fcbe ne sont pas du reste. De même que des personnalités de la Société civile. Récemment, c’est le très actif écrivain Olympe Belly Quenum qui se joint à ce groupe de soutien. Il faut voir à travers, cette assistance, la réaction des défenseurs des droits de l’Homme. Seulement, on se demande si cette mobilisation derrière l’homme va faire tomber le chef d’accusation soulevé contre lui.

De l’autre côté ceux qui rêvent de voir l’opposant menottes aux poignées, qualifient d’atteinte à l’honorabilité du chef de l’Etat, les faits qui lui sont reprochés. Pas moins de sept avocats au nombre desquels, Maîtres Gabriel Dossou, Machifa Rachid, Bassabi, Kakpo Assogba. Constitués partie civile, dans un procès où, c’est le Ministère public qui a engagé des poursuites contre Andoche Amégnissè, ils avaient commencé les plaidoiries le vendredi dernier quand, à la demande de la défense, le Tribunal a accordé le report. Certains voient à travers cette affaire, la volonté manifeste du pouvoir de mettre hors d’état de nuire, un opposant, fut-il représentatif ou pas. L’accusé s’était déjà retrouvé dans les mêmes conditions et a fait les frais des chefs d’accusation qui pesaient sur lui. Il est sorti de prison, il y a moins de quatre mois après avoir été condamné à un emprisonnement ferme de six mois. Se dirige-t-on vers le même scénario ? Contacté, l’opposant ne doute pas des intentions du chef de l’Etat Yayi Boni d’aller jusqu’au bout dans ce nouveau bras de fer. Une fois encore, il déclare que c’est une lutte politique qui a fait un détour par le Tribunal. N’empêche, Andoche Amégnissè promet de faire des révélations sur les hommes du régime, dont des ministres. A quoi bon dans un tel dossier ? Il est le seul à connaître les mobiles. Peut-être que ça entre en ligne de compte de sa stratégie de défense. Il n’était pas pourtant pas à l’audience le vendredi dernier. L’opposant déclaré n°1 au chef de l’Etat est poursuivi suite à la publication d’un article sur le chef de l’Etat paru dans le journal « Hommes et Femmes », qui aurait reçu l‘autorisation des autorités étatiques, sous le n° 375 Misat/Dc/ Dai/ Scc du 15/05/ 2001 délivré à Andoche Amégnissè. La photo utilisée pour illustrer l’article, et le commentaire qui l’accompagne sont qualifiés d’atteinte à l’honorabilité du président de la République.

FN

Par Richard Boni - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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