Profil

Catégories

Recherche

Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /2009 10:45
LA UNE DU JOUR 30 décembre 2009
Après 05 jours de torture morale : Simon Pierre Adovèlandé fait prisonnier [...]

Au bout de 05 jours de torture morale, le coordonnateur du Millénium Challenge Account, Simon Pierre Adovèlandé s’est vu notifier un mandat de dépôt. Ainsi, depuis hier mardi 29 décembre 2009, il est retenu dans les liens de la détention préventive à la prison civile de Cotonou, par la justice de son pays. Isaac Agossou, un des responsables du Groupe Betsaleel Building (Gbb) dont Simon Pierre Adovèlandé était le président du Conseil d’administration, n’échappe pas à cette inculpation. Cette décision du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou a mis en ébullition une foule de partisans des inculpés et provoqué la colère des avocats du principal accusé. « C’est sur instruction du gouvernement », s’indigne Djoseph Djogbénou.


L’histoire retiendra que le même jour où le maire de Dangbo, Clément Gnonlonfoun, considéré comme un prisonnier politique sous le régime du Changement, a franchi libre les portes de la prison civile de Porto-Novo, celles de la maison d’arrêt de Cotonou s’ouvrent à un autre de renom, un nouveau pensionnaire. Il s’agit de Simon Pierre Adovèlandé. Il en est désormais un, comme ce régime sait en fabriquer. Au bout de cinq jours de torture morale, le pouvoir s’est rendu compte que cet homme qui n’a jamais été ministre a du monde derrière lui. En témoigne l’ambiance qui règne au Tribunal de Cotonou, chaque fois qu’il doit quitter les bureaux de la Brigade de recherche, assistance, intervention et dissuasion (Raid) de la police nationale pour être auditionné, brièvement ou longuement. C‘était le cas hier. Même ambiance que les autres jours. Les trottoirs et les alentours du Tribunal grouillaient de monde. Une foule composée de curieux, d’observateurs, de partisans et évidemment d’espions du régime étaient encore au rendez-vous, un peu plus tôt que les autres fois. Ils ont reçu comme information que, Simon Pierre Adovèlandé doit être écouté par le juge en charge de son dossier à partir de 06 heures. Une heure qui paraît bien curieuse. Mais, c’est parce que le Parquet a voulu prendre ses dispositions, vu le scénario de la veille, où des échauffourées ont failli éclater entre un public pro Adovèlandé en colère et les policiers qui ont conduit leur « messie » dans le bureau du Procureur de la République pour la prorogation de sa garde à vue. N’empêche, la même ambiance a démarré également tôt. Quand, le cortège de la police arrive comme annoncé discrètement, c’est la cohue. Une poignée de personnes déjà présente sur les lieux verront sans doute leur chouchou pour la dernière fois avant que la décision de le placer sous mandat de dépôt ne tombe aux environs de 20 heures. A 07 heures, la grande mobilisation était encore visible tout autour du palais de justice. Si une affaire historique se découvre à la tension qui règne aux alentours, dans les couloirs et les allées du Tribunal, il faut dire que celle de Simon Pierre Adovèlandé en est une. Et, si une affaire brûlante et embarrassante se détecte à l’attitude des Magistrats, celle de Simon Pierre Adovèlandé en est également une. Lorsque le coordonnateur du Mca a été présenté aux environs de 06 heures, il n’y avait personne pour le prendre. Tout Magistrat est conscient que prendre une décision pour relaxer le principal mis en cause est source de commentaires élogieux à son endroit de la part d’une opinion qui ne doute pas de l’ingérence du pouvoir dans cette affaire. Il n’ignore pas les conséquences s’il devrait aller dans ce sens. Il sait aussi que l’inculper, assouvira la soif du même régime de nuire à un homme et provoquera le désarroi d’une partie du public, qui parie sur l’injustice dans ce dossier. En fait toute décision prise entachera la carrière de ce juge souverain ou aux ordres. Autant ne pas s’en mêlait. Il fallait attendre plus de 11 heures d’horloge, soit aux environs de 19 heures, avant qu’un juge se décide à braver cette pression, dont la plus perceptible provenait de la foule, qui sans s’en lasser élevait sa voix pour crier « Libérez Adovèlandé ». Enfin Simon Pierre Adovèlandé a été entendu au cours d’une courte audition. Il sera retenu contre lui cinq charges, dont on doute encore de la pertinence. Les plus gaves sont : « faux en écriture », « détournement de deniers publics » et autres. De là, le juge conclut à l’opportunité de le retenir dans les liens de la détention préventive. Il lui a notifié son mandat de dépôt, au même titre que, Isaac Agossou, ex Directeur général du Gbb. Les deux sont poursuivis suite à une plainte adressée au Procureur de la République par l’avocat conseil de certains investisseurs qui ont accordé un prêt au Gbb dans le cadre d’un projet de construction immobilière dans la commune d’Abomey-Calavi. Afin de garantir le remboursement de ce prêt, le Gbb a hypothéqué plusieurs lots de terrains, gérés par la mairie de Calavi pour le compte de la République du Bénin. Chemin faisant, le Gbb n’aurait pas honoré les engagements pris dans le cadre de ce prêt.

Adovèlandé, victime ou coupable ?

Le sort de Simon Pierre Adovèlandé semble bien scellé à la lecture des charges mises à son compte. C’est entre autres « faux en écriture », « détournement de deniers publics »… et autres qui sont constitutifs d’un crime. Ça devient un peu plus compliqué qu’on le pensait. Mais l’homme reste serein et s’en remet à Dieu. Il est confiant que la justice va rayonner un jour. Même si à un moment donné, il a perdu le sourire, il n’a pas perdu le courage, après s’être rendu compte qu’il a été victime des méthodes d’un régime. Car, les différentes péripéties qui ont conduit à la décision de le mettre sous mandat de dépôt confortent ceux qui très nombreux s’installent dans la certitude selon laquelle, « ses adversaires » qui rêvaient d’une occasion pour saborder son image de bon gestionnaire du Programme Bénin de Millénium Challenge Account se sont servis de cette affaire pour réussir leur plan. Peut-être que c’est lui-même qui leur a laissé des failles. Et, face à cette occasion qui s’est présentée, ils ne l’ont pas laissée s’échapper. Il est question pour eux, croit-on, à tort ou à raison, d’envoyer Simon Pierre Adovèlandé le plus longtemps possible à l’ombre. Son calvaire vient de commencer et on se demande jusqu’à quand il va durer dans un pays où toutes les affaires qui ont éclaboussé des personnalités de renom n’ont jamais fait l’objet d’un procès pour qu’on établisse la vérité. Et, cette affaire du coordonnateur du Mca pourrait connaître le même sort. Après tout le scénario observé, la preuve semble être administrée qu’il a été envoyé plus, parce qu’il a commencé par déranger politiquement, que pour une infraction à la loi pénale, si vraiment c’est de cela qu’il s’agit. Un collège d’avocats est à pied d’œuvre pour préparer la défense de l’inculpé. En dehors de MM Djoseph Djogbénou et de Cyrile Djikoui qui connaissent déjà le dossier, l’entrée en lice des ténors des barreaux étrangers est de plus en plus annoncée. Il pourrait s’agir des avocats français et américains, apprend-on des sources proches de Simon Pierre Adovèlandé. FN

Joseph Djogbénou, membre du collège d’avocats de Adovèlandé : « La décision a été prise sur instruction précise du gouvernement »

« Il y avait à choisir entre le chemin de la puissance sur celui de droit, ou le chemin de l’arbitraire sur celui de la justice. Il semble qu’on ait préféré le chemin de la puissance à celui de droit et celui de l’arbitraire à celui de la justice. Depuis 05 heures que nous étions ici, il a été présenté à 06 heures 30 et aux environs de 20 heures, M. Simon Pierre Adovèlandé a été placé sous mandat de dépôt, de même que M. Agossou, c’est-à-dire en détention préventive. Ils ont été privés de liberté. Je voudrais insister sur ceci. C’est sur instruction du gouvernement. C’est-à-dire que la décision a été prise sur instruction précise du gouvernement. Si parmi vous, il y en a qui se rappelle de quelques notions de procédure pénale, vous savez bien que l’écriture est faible en matière pénale, c’est la parole qui rime. Le Parquet n’avait pas d’autres opportunités que de conclure à la privation de la liberté. Le juge a suivi le Parquet dans ce sens. Voilà ce que je puisse vous dire. Les jours à venir, nous allons aviser. Je suis malheureux, non pas surpris, parce que je vois bien que ce qu’on recherche, ce n’est point le règlement d’une quelconque affaire, ce n’est point même la pertinence d’une quelconque procédure. Ce qu’on recherche, c’est de placer quelqu’un sous mandat et de pouvoir avoir la preuve de ce que cette personne est placée sous mandat et de pouvoir fournir cette preuve à quelque endroit qu’il appartiendra d’en tirer les conclusions que l’on n’a pas pu tirer il y a quelques moments, et pour tirer les conclusions après. Je crois que c’est désolant. Qu’il vous souvienne qu’en 2005, vous vous étiez tous levés ici pour refuser que l’on puisse prendre une loi qui exclut, aujourd’hui je pense que de manière stratégique, on est en train d’exclure quelqu’un dont on suspecte être candidat à une élection présidentielle. Je préfère m’en arrêter là. Je crois qu’aujourd’hui, il y a quelque nuit qui soit tombée sur tout ce dont nous rêvons tous, la justice. Mais demain, le jour va se lever encore, et le soleil va briller.. »

Par Richard Boni - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés