La tristesse se lisait dans le regard de tous ceux qui étaient ce mardi au Bénin Marina Hôtel pour écouter les témoignages vivants des rescapés du massacre des paysans à Djidagba dans la commune d’Adja-Ouèrè. Députés, membres de la Société civile, magistrats, parents, femmes et enfants abandonnés par les victimes étaient présents pour comprendre la gravité de la situation. La conclusion tirée des interventions des uns et des autres est que le drame a été préparé et exécuté avec beaucoup de finesses par des gendarmes certainement sous ordres des autorités compétentes. Ahouandjinou Zountèkpo, marié et père d’un enfant, a fait comprendre à l’assistance dans son témoignage qu’il est allé à l’Assemblée générale des Car et Urcar à Djidagba le 29 décembre 2008, après avoir reçu l’information sur une radio de la place que toutes les dispositions sécuritaires étaient déjà prises. Selon ses propos, les gendarmes ont fait irruption sur les lieux en frappant les participants à cette réunion, créant ainsi la panique et la débande dans leur rang. C’est ainsi que dans la foulée, les forces de l’ordre ont commencé par tirer ouvertement sur la foule, faisant des morts et des blessés graves, a-t-il expliqué, avant de révéler qu’il a reçu une balle à la hanche. De son côté, Albertine Bognon, vendeuse de fruit, était sur les lieux pour faire ses affaires, c’est-à-dire vendre de l’orange aux participants comme à l’accoutumée. Au moment des faits, elle était en état de grossesse.
Les leaders politiques venus écouter les témoignages
Ne pouvant pas détaler en raison de sa situation, elle a reçu une balle qui a transpercé sa grossesse. Après une opération, les deux jumelles qu’elle portait ont trouvé la mort. D’autres témoignages ont fait des révélations sur le silence complice de l’ancien ministre de l’Agriculture, Roger Dovonou qui, aux dires des victimes, soutenait un certain Sènou proche du régime du Changement. Selon Balla Bodjrènou, sept millions seraient sortis de la caisse des coopératives en direction de Roger Dovonou et Victor Topanou, secrétaire du gouvernement à d’autres fins.
Roger Gbégnonvi et kakai Glèlè très attentif aux témognages
Il a souligné avoir mené des démarches pour s’assurer de la réception des fonds par les intéressés qui n’ont pas ouvertement reconnu les faits. Pour lui, c’était un massacre bien orchestré car la veille, il y avait des indices de représailles des participants. Selon certaines informations les protégés du gouvernement devraient porter un maillon blanc pour se faire identifier par les gendarmes en mission. La situation de Djidagba est analogue à celle de la Guinée Conakry. Certes les proportions ne sont pas les mêmes, mais les faits sont similaires. Des gendarmes tirant à bout portant sur une foule.
Martin Assogba de la société civile était aussi de la partie
Au cours de la même soirée, Ismaël Tidjani Serpos, Sacca Fikara et consorts ont dénoncé l’instrumentalisation des forces de sécurité et de la justice qui font la politique de deux poids et deux mesures dans cette affaire.
Les veuves et les orphélins abandonnés à eux- mêmes
Pour les uns et les autres, ce crime ne restera pas impuni, car il y a eu cinq morts et des blessés graves
source 24 heures au benin
Cécile Agossa