Comme nous l’annoncions Boni Yayi était vendredi dernier face à sa
majorité parlementaire. 26 députés des 37 que compte le peloton mouvancier ont répondu à l’appel. Par le ministre des finances, Boni Yayi a introduit le débat. Le budget général de l’Etat qui
pèse 1212 milliards a été présenté aux Fcbe. Mais contre toute attente, à la question de donner leurs avis sur le projet, les députés ont fait l’option du silence. Une attitude qui en dit long
sur l’accueil que ces députés préparent à Boni Yayi et son gouvernement. En dehors de Grégoire Laourou, président de la commission des finances, qui a glissé une petite phrase pour enfin ne
rien dire, c’est off-record que les députés ont dit tout ce qu’ils pensent de Yayi.
Ils sont unanimes pour réécrire totalement le budget quand celui-ci leur sera présenté à leur prochaine session. Ils promettent un toilettage républicain pour un budget rempli de rubriques
fictives qui n’ont de raison d’insistance que pour enrichir les membres du gouvernement et les proches de Yayi. Autrement dit, les députés Fcbe veulent réussir l’exploit que leurs collègues de
l’opposition n’ont pas pu éditer aux débats de l’ancien budget. Pour curieux que cela puisse paraître, ce sont les députés de la mouvance même qui veulent se substituer à ceux de l’opposition
pour sauver le Bénin de ce qu’ils appellent les dérives de la dictature budgétaire Yayi. C’est pourquoi ils ont promis de ne pas faire de commentaires avant le grand affrontement des débats au
parlement. Entre autres récriminations des députés Fcbe contre Yayi se trouve le problème Alia-Adadja que le chef de l’Etat a évacué au cours de la rencontre du vendredi.
our les Fcbe, Boni Yayi, à travers son intervention, a clairement affiché son désir de mettre les députés Fcbe en difficulté au profit de ses collaborateurs membres du gouvernement. C’est à
peine, à en croire les députés, que Yayi n’a pas publiquement dit qu’il ne veut plus d’Edgar Alia. L’intention était claire et à peine voilée. Heureusement que le député Alia n’était pas présent
à cette rencontre sinon cela aurait pu dégénérer avec un Boni Yayi à essuyer les insultes de son ancien ministre de l’intérieur. Et nombreux seront ces Béninois qui supporteront l’honorable Alia
qui, dans cette affaire, a raison et aurait pu bénéficier du soutien du chef de la mouvance. Voilà dans quelle ambiance la rencontre du vendredi s’est soldée avec une réplique bien préparée des
députés aux débats sur le budget.
Aboubakar TAKOU Article paru dans ''Le Béninois Libéré'' du Lundi 19 octobre 2009