over-blog.com

Options

Fermer

Rechercher Rechercher
Administration
Connexion
Je n'ai pas encore de blog… Créer un blog

Le blog de Richard Boni

Le blog de Richard Boni

Parce que le développement d'une nation n'est pas le seul problème d'un gouvernement, nous vous informons afin qu'ensemble nous jouons notre partition.

Accueil Article suivant

Notre pays s’engage sur une piste glissante. On peut l’affirmer aujourd’hui compte tenu des rebondissements observés ces dernières 72 heures dans l’évolution du dossier Lépi.

La Liste électorale permanente informatisée (Lépi), outil sensible pour des élections fiables et acceptées par tous est par principe et pour sa crédibilité un instrument consensuel réalisé dans la transparence. Ceci implique que toutes les parties concernées à savoir, les différents partis politiques, les institutions républicaines, les partenaires et la société civile s’accordent sur sa conduite et respectent la loi régissant son établissement.

Depuis juin que la Commission politique de supervision de la Lépi (CPS-Lépi) a été officiellement installée par la Cour constitutionnelle, des dénonciations de violation par le superviseur général de la loi n°2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation du Recensement Electoral National Approfondi (RENA) et établissement de la LEPI particulièrement en ses articles 29 ; 38 ; 41 ; 49 ont été faites. Mais de façon regrettable, le processus continue d’être conduite dans la contestation par la CPS composée de 15 membres dont trois seulement de l’opposition.

Ne pouvant observer les bras croisés que l’on dote le Bénin d’une Lépi traficotée, les leaders de l’opposition étaient montés au créneau le 17 novembre 2009 pour attirer l’attention de l’opinion nationale et de la communauté internationale sur le tripatouillage qui entoure ce projet cher aux citoyens et voulu par les politiciens de ce pays des années avant que le chef de l’Etat actuel ne fasse son entrée en politique.

Ces leaders réunis au sein de l’alliance l’Union fait la Nation ont fait part de leurs inquiétudes quant à la manière dont la Lépi est en train d’être réalisée. Il ont souhaité au cours de leur sortie que la Lépi ne soit pas conduite unilatéralement de façon partisane. Pour ces leaders, au lieu d’une Lépi truquée, il vaut mieux aller aux élections avec l’ancienne méthode qui a permis l’élection de Boni Yayi.

L’Attitude belliqueuse de Boni Yayi

Alors qu’on s’attendait à une réaction constructive du gouvernement pour apaiser la tension et à prouver que la concertation n’est pas demeurée un vain mot sur les lèvres des ténors du Changement, l’exécutif s’est réuni en session extraordinaire le même jour que l’Union fait la Nation a tenu sa conférence, pour lancer la phase opérationnelle du recensement, c’est à dire les opérations physiques de cartographie censitaire ; de collecte des données nominatives, personnelles et biométriques.

Ce comportement du gouvernement est ni plus ni moins un encouragement à la réalisation d’une Lépi partisane source de dérapage et de grand danger pour notre démocratie. Avec ce lancement, le régime de Boni Yayi vient de montrer à la face du monde que son souci n’est pas la réalisation d’une Lépi crédible, consensuelle, construite dans un climat apaisé.

L’Hypocrisie politique

Au lieu de concerter les acteurs incontournables que sont les partis politiques de l’opposition pour discuter, le gouvernement a décidé de foncer contre vents et marrés. Et comme si la provocation ne devrait pas s’arrêter là, le chef de l’Etat a délivré hier à la Nation un message suspect pour se donner bonne conscience.

Dans son discours, le président de la République a cité les exemples du Ghana et de l’Afrique du Sud, deux démocraties phares du continent africain, pour justifier sa démarche. Cependant, la question qu’on se pose est de savoir pourquoi a-t-il choisi ces pays où la Lépi a été réalisée sans contestation, de façon transparente et consensuelle ? Pourquoi Boni Yayi a-t-il laissé d’autres pays où, la Lépi contestée parce tripatouillée a provoqué la dégradation de la paix et la régression de la démocratie ?

La méthode du gouvernement contrairement au propos du chef de l’Etat conduira certainement à " la fragilisation de notre système démocratique " étant donné que le régime avance la tête baissée malgré les irrégularités dénoncées et les contestations.

Le président de la République dit une chose et fait son contraire. Si réellement pour le citer " Voilà pourquoi, je voudrais réaffirmer avec force, la nécessité de conduire les prochaines élections présidentielles et législatives sur la base d’une liste électorale sécurisée et consensuelle, affranchie d’un système de mise à jour manuelle et répétitive, et à terme, moins coûteuse. ", sa première réaction aurait été d’inviter les partis politiques qui dénoncent une " Lépi monocolore " à une table de discussion.

Publié le 20/11/2009 à 07h09

Accueil

Retour sur le site classique